La medecine de demain passe par la Blockchain!
Un exercice d'imagination, vraisemblable, qui consiste à suivre les tribulations d'une jeune femme souffrant d'une maladie chronique dans un futur pas si lointain où se déploie la Blockchain.

Un exemple d’application de la technologie Blockchain

La Blockchain et ses applications peuvent paraître encore vagues et lointaines. Pour les illustrer, les auteurs* se sont livrés à un exercice d’imagination, vraisemblable, qui consiste à suivre les tribulations de Jane, une jeune femme souffrant d’une maladie chronique imaginaire que nous appellerons la Screenoritis, dans un futur pas si lointain où se déploie la Blockchain.


Mise à jour (juillet 2017) : cet article date de 2015. Nous avons publié une étude sur ‘blockchain et santé‘ plus à jour et plus complète à retrouver sur le site de Blockchain Partner.



La Screenoritis est une affection relativement grave, dont les symptômes sont perturbants pour la victime puisqu’ils vont de l’assoupissement soudain aux troubles de la mémoire immédiate. Un traitement existe, mais la rémission est lente et difficile.

Jane est une graphiste de 34 ans, passionnée par son travail auquel elle accorde beaucoup de son temps et de son énergie. Un jeudi après-midi, lors d’une pause bien méritée après d’ultimes finitions, elle décide de se lancer dans un rapide footing pour se changer les idées comme elle en a l’habitude. Au bout de quelques centaines de mètres, Jane commence à se sentir nauséeuse et à ressentir une migraine; elle ralentit, mais s’effondre cent mètres plus loin. Un jogger, arrivant dans l’autre direction, se précipite et appelle immédiatement le SAMU.

Données sensibles et accessibles

A l’arrivée de l’ambulance, un infirmier attrape le poignet de Jane; il cherche avec un scanner, sur le bracelet de jogging que porte Jane, son Identifiant Medicchain, un identifiant public unique utilisé pour les informations médicales. En souscrivant à Medicchain, Jane avait paramétré les règles d’utilisations de ses informations, et notamment créé une liste des personnes habilitées à valider l’accès à son dossier médical. Jane a choisi quatre amis de confiance. L’infirmier combine l’Identifiant du SAMU avec celui de Jane pour être identifié en tant qu’intervenant médical d’urgence.

Il émet donc sur le réseau Medicchain, ce qui engendre automatiquement des alertes auprès des quatre contacts d’urgence de Jane, leur demandant de valider son accès aux informations de santé de leur amie. Dix secondes plus tard, après que deux des contacts ont donné l’autorisation d’accès, le SAMU possède un accès aux informations médicales d’urgence de Jane.

Quelques heures plus tard, Jane se réveille dans un hôpital, en forme physique relativement bonne, mais toujours sous le choc. Elle veut comprendre ce qui lui est arrivé; l’interne va lui expliquer ce que l’on sait de la Screenoritis.

Partage et réseau

Après qu’ils ont discuté ensemble de la situation, l’interne demande à Jane si elle accepte de partager ses informations, rendues anonymes, auprès de la banque publique de recherche. Il s’agit d’un acte devenu tout à fait banal, que Jane accepte volontiers; elle partage donc son cursus médical, des données pertinentes au sujet de l’accident qu’elle vient de subir et les résultats des tests d’analyses encore en cours dans l’hôpital.

Cependant elle souhaiterait savoir ce que d’autre gens dans sa situation ont déjà éprouvé, et comment elle pourrait se remettre de cette maladie grâce à l’expérience d’autres malades. Elle rejoint un groupe de malade qui a choisi de publier leurs informations au sein d’un réseau privé: son médecin utilise donc les informations qu’elle a partagé avec la banque publique de recherche pour trouver des profils qui correspondent au sien, et en trouve de nombreux, qui partagent différents points communs avec Jane: âge, lieu de résidence, genre d’emploi, … avec lesquels elle pourra partager ses questions et ses réponses sur sa maladie.

Cependant, même si la Screenoritis est assez répandue et que des traitements contre les symptômes existent, il est toujours très dur de se remettre de la maladie, et la prise en charge de cette condition difficile n’a reçu que peu d’attention du monde médical.

Blockchain et crowdfunding

Grâce à sa première contribution à la recherche par son partage des données, Jane apprend rapidement qu’un financement participatif public est en cours pour financer le développement et le lancement d’un traitement post-Screenoritis. Elle décide de prendre part à ce crowdfunding.

Sa contribution est en fait pilotée par une série de smart contrats qui conditionnent l’accès aux traitements au fur et à mesure qu’ils sont disponibles. Contrairement à du crowdfunding « traditionnel », l’argent engagé par Jane n’est donc versé au développeur du projet que lorsque le traitement est disponible pour elle, ce qu’assurent les smart contrats. En somme, le développeur va investir dans ce traitement car les contrats lui assurent qu’il sera financé au fur et à mesure de la progression du projet.

A présent que Jane comprend mieux sa situation, elle voit également un spécialiste qui lui a prescrit un exercice physique quotidien couplé à un traitement anti-Screenoritis bien connu. Suivre ce double traitement à la lettre n’est pas seulement essentiel pour une guérison parfaite: sa mutuelle prendra également soin de récompenser un suivi sérieux des prescriptions lors du remboursement de la part non couverte par la Sécurité Sociale. Les informations dont le docteur et la mutuelle ont besoin sont fournies par une montre, capable de suivre ses déplacements et ses mouvements, et des pilules utilisées pour la collecte de données. Tant que Jane se conforme au traitement sur lequel ils sont tombés d’accord, ses factures médicales sont automatiquement prises en charge à 100%, sans remplir le moindre formulaire ou justificatif.

Réinventer la médecine

La technologie Blockchain au service de la médecine promet donc de très belles applications. Elle pourra amorcer une révolution du service médical, orientée vers le patient et la façon dont il peut prendre soin de lui et des autres. Même dans les moments les plus critiques, il restera possible de contrôler la permission d’accès aux informations importantes relevant de notre identité; il sera possible d’assurer un payement futur en échange d’un traitement que nous désirons pour qu’il soit développé et mis sur le marché. Et au lieu de se fonder sur des grilles opaques d’évaluation stigmatisant les santés les plus faibles, les assureurs et les mutuelles pourront se fier ou non à notre comportement médical pour passer un contrat d’avenir avec nous, et récompenser les comportements vertueux.

Ces incroyables possibilités ne sont pourtant pas de la science-fiction; elles ne sont que des applications particulières de la Blockchain. Preuve s’il en faut l’interêt manifesté par Axa, ou le développement des smart contrats anticipé par Deloitte. La disruption Blockchain est à portée de main et on comprend dès lors l’urgence pour les citoyens de se saisir de ce sujet.

*Traduction, reprise et adaptation de l’article de Matt Weiss, Dan Elitzer et Joe Gerber pour Coindesk.


Découvrez notre étude plus récente (juillet 2017) et plus complète sur les applications de la blockchain en santé, sur le site de Blockchain Partner


Mais où est la Blockchain ?

Suite à la réaction de certains de nos lecteurs intrigués par cet article qui ne mentionne pas explicitement l’usage de la Blockchain, nous vous proposons une rapide relecture de l’histoire de Jane pour retrouver les concepts techniques sous-jacents.

  • Données sensibles et accessibles

Constitue notre première rencontre avec Jane. Lorsque l’infirmier utilise « l’identifiant Samu », c’est en fait d’une clef blockchain qu’il s’agit, de même que l’ Identifiant Medicchain de Jane. L’accès du samu aux informations de Jane est donc une transaction validée par 50% des amis de Jane.

Medicchain est ainsi une start up Blockchain du domaine de la Santé. Sa blockchain est une Blockchain de type privée (voir cet article pour comprendre ce concept), sur laquelle les contacts de Jane sont les mineurs autorisés.

  • Partage et réseau

Figure l’utilisation de la Blockchain pour la mise en réseau. La banque publique de recherche permet un dépôt sans danger des informations anonymes via la Blockchain; aucun tiers (tous piratables par définition) n’intervient dans le processus et nul ne peut s’emparer lors de l’échange d’information du dossier médical de Jane.

Cet échange serein d’informations sensibles permet ensuite de préfigurer un réseau social anonyme mais ultra-adapté puisqu’on peut sans mal faire se rencontrer des personnes partageant les mêmes caractéristiques ou envies.

  • Blockchain et crowdfunding

Décrit ce qui est le plus proche de la réalité technologique actuelle, ou du moins ce sur quoi de puissantes startups travaillent. Ethereum en est un exemple, mais on peut citer aussi des grandes entreprises comme IBM.

Le concept est celui du smart contract. Dans la vie économique actuelle, il est impensable qu’un laboratoire lance le développement d’un médicament si le marché est très réduit. Les efforts pour conquérir le marché lui coûteraient le peu que les dépenses en recherche ont laissé. Mais s’il a la certitude d’être payé au moment du lancement du produit, et soutenu sur sa R&D, il peut investir. De même que les patients peuvent investir dans le laboratoire et la recherche s’ils ont la certitude de voir aboutir le médicament.

Le smart contract assure que l’argent sera versé si la condition « déploiement de tel médicament en pharmacie » est effective. La blockchain permet ici à deux partenaires qui ne se connaissent pas de communiquer et de travailler ensemble de façon sécurisée, sans médiateur extérieur.

  • Réinventer la médecine

A nouveau, les smart contracts, entre l’assureur/la mutuelle, et Jane. Les conditions de remboursement des factures seront du type « programme de santé suivi à 100% »; si les conditions sont remplies, le remboursement s’effectue, automatiquement, sans suivi particulier.

Nous reviendrons plus longuement sur ces contrats dans un prochain article.


► Découvrez les études de Blockchain Partner :

Agriculture & Agroalimentaire | Santé et industrie pharmaceutiqueSupply chain & traçabilité Industrie Musicale | Tourisme | Enjeux juridiques de la blockchain


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