Cette tribune a initialement été publiée sur Medium.

Consacrée en septembre “Méga-Trend” par le World Economic Forum, la blockchain est un sujet crucial qu’il est urgent de s’approprier.

« Nous croyons au potentiel de rupture de la Blockchain » C’est par ces mots que Pierre Louette, Directeur général adjoint d’Orange, a annoncé mi-septembre un investissement à hauteur de plusieurs millions d’euros dans Chain, l’une des start-ups les plus prometteuses en matière de blockchain.

Une technologie révolutionnaire, méconnue en France, qui promet pourtant de bouleverser nos modes de vie.


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Qu’est ce qu’une blockchain ?

Une blockchain est une technologie de stockage numérique et de transmission à coût minime, décentralisée, et totalement sécurisée. Concrètement, il s’agit d’un livre de compte -un registre- contenant la liste de tous les échanges effectués entre les utilisateurs de cette blockchain depuis sa création.

Ce registre est décentralisé, c’est-à-dire stocké sur les serveurs de ses utilisateurs, et fonctionne sans intermédiaire, éliminant donc les frais d’infrastructure.

Il constitue un historique infalsifiable des échanges, étant conservé et mis à jour en temps réel indépendamment par tous les utilisateurs.

centralized

Pour hacker ou manipuler ce registre, il faudrait donc avoir accès et modifier au même moment des dizaines de milliers de bases de données indépendantes les unes des autres — un exploit techniquement impossible.

Des utilisateurs valident chaque transaction grâce à un processus transparent prévenant toute manipulation. Ils vérifient par exemple, grâce au registre, que l’expéditeur est bien propriétaire de ce qui est envoyé, et que le récepteur des données est le correspondant adéquat.

Des groupes de transactions validés sont finalement inscrits au registre, sous la forme d’une chaine de blocs inaltérables : la blockchain.

Des domaines d’exploitation immenses

Les rares articles parus en France sur le sujet se sont concentrés sur la réduction drastique des coûts attendue dans le secteur bancaire.

Or c’est en réalité une multitude de domaines qui peuvent être impactés et qui parlent à chacun d’entre nous : les données médicales, les élections et référendums en ligne, les brevets industriels, les titres fonciers, les objets connectés…

De nombreux projets commencent déjà à voir le jour : ainsi dans l’éducation, face à la recrudescence des faux diplômes et CV truqués, la jeune startup Bitproof propose d’assigner à chaque diplôme une clé unique dont le numéro est crypté dans une blockchain, rendant de fait impossible les fraudes aux diplômes.

La blockchain pourrait également révolutionner l’industrie musicale, en accordant aux morceaux une identification unique permettant un réel contrôle par leurs auteurs, ou encore changer l’actuel modèle centralisé du cloud, en utilisant l’espace libre de ses utilisateurs.

De nouveaux business modèles vont donc se mettre en place et bousculer l’ordre établi — l’économiste Philippe Herlin parle même de “l’uberisation ultime”.

Un enjeu citoyen et démocratique

La blockchain ne se limite cependant pas au monde des affaires.

Elle a un rôle majeur à jouer dans le fonctionnement des démocraties, en particulier parce qu’elle peut faciliter et sécuriser entièrement le vote à distance, mais également parce qu’elle permettrait d’assurer l’inviolabilité du stockage de nos informations personnelles.

Comme l’a souligné le récent rapport de la Commission de réflexion sur le droit et les libertés à l’âge du numérique, les données des Français sont actuellement concentrées dans les mains des entreprises américaines comme Google et Microsoft, serveurs par nature vulnérables aux attaques informatiques et aux exigences du gouvernement américain.

La blockchain constitue donc également un enjeu de souveraineté.

La France doit s’intéresser à la blockchain parce qu’elle subira plus tard les choix d’autres acteurs si elle ne s’empare pas de ce sujet à temps. Les normes des blockchains ne sont pas encore écrites: c’est l’occasion pour la France, nation des Droits de l’Homme, de faire valoir sa vision dans le développement d’une citoyenneté numérique, et des nouveaux droits et devoirs qu’elle implique.

En effet cette technologie pose d’ores et déjà certaines questions, qui appelleront à terme des choix de société: dans quelle mesure accepterons-nous de remplacer les autorités de confiance historiques (banques, gouvernements…) par des programmes informatiques ? Comment gérer la diversité culturelle et sociale par des lois mathématiques ? Les réponses à ces questions poseront les fondements de l’utilisation à venir de la blockchain.

Il est aisé de dresser le parallèle entre la situation actuelle de la blockchain et celle d’Internet dans les années 1990: nous sommes aux prémices d’une révolution dont la portée est encore difficile à mesurer mais aux champs d’applications infinis.

La France a raté le virage de la révolution Internet, secteur aujourd’hui dominé par les Etats-Unis. Ne ratons pas celui de la révolution blockchain.


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