La blockchain, souvent perçue comme une alternative au système bancaire traditionnel, pourrait au contraire se révéler être pour les banques un nouvel outil à exploiter. Comment peuvent-elles transformer le risque représenté par la blockchain en opportunité ? C’est la question principale à laquelle est actuellement confronté le secteur bancaire.

brokenbanques

La blockchain, le bitcoin, et les autres crypto-monnaies ont souvent été annoncés comme des technologies capables de se substituer au système bancaire tel qu’on le connait. En raison du caractère distribué du contrôle et de l’enregistrement de la transaction permise par la blockchain, il peut être en effet légitime de penser que l’autorité centrale, l’intermédiaire de la transaction financière, puisse progressivement devenir obsolète.

La limite des 7 transactions par seconde

En réalité, la menace que représente la blockchain pour les banques reste très limitée à court terme pour une raison simple : le bitcoin n’est pas capable de traiter plus 7 transactions par seconde, là où un système comme Visa peut en traiter jusqu’à 20 000 par seconde. Cette restriction inhérente au protocole actuel du bitcoin constitue un réel blocage.

Ce n’est toutefois pas une fatalité : il existe des pistes pour augmenter cette limite des 7 transactions/seconde : par exemple, celle proposée par le développeur bitcoin Gavin Andresen qui propose de basculer sur une nouvelle version du bitcoin en augmentant la taille des blocs. D’autres développeurs estiment plus judicieux de développer des side chains, c’est à dire des chaines fonctionnant en parallèle à la principale, afin d’augmenter le volume de transactions pouvant être traité.

Du fait de la gouvernance problématique du bitcoin, il faudra toutefois sans doute du temps avant que cette restriction des 7 transactions soit levée.

Une réutilisation par les acteurs traditionnels 

Plus encore, les banques voudraient s’approprier la technologie blockchain  pour l’adapter au système actuel. Plutôt qu’un registre totalement distribué, elles travaillent aujourd’hui (notamment avec R3 CEV, une FinTech blockchain autour de laquelle gravitent 25 banques internationales, dont Goldman Sachs et JP Morgan) à la mise en place de blockchain privées ou hybrides. Il s’agirait de blockchains régulées, qui n’autoriseraient qu’un nombre limité d’acteurs à enregistrer des transactions et de disposer du registre. Le schéma suivant, réalisé par le Financial Times, résume bien les différents systèmes possibles :

Modèle 1 : Système actuel – Modèle 2 : blockchain publique – Modèle 3 : blockchain privée

Nous sommes donc très loin du modèle libertaire pensé par les précurseurs de cette technologie, où tout utilisateur aurait accès à la base de données, et où l’intermédiation ne serait plus nécessaire. Un argument que les défenseurs du Bitcoin ne manquent d’ailleurs pas d’utiliser : une telle blockchain est-elle réellement viable, sachant que la fiabilité d’une blockchain repose majoritairement sur le grand nombre de noeuds ?

De nouvelles opportunités pour le secteur bancaire

Selon un récent rapport de la banque Santander, l’utilisation de la blockchain pourrait faire économiser aux banques 15 à 20 milliards de dollars par an d’ici 2022 en raison de la réduction des  « coûts d’infrastructures liés aux paiement internationaux, au trading et à la mise en conformité ». Autrement dit, grâce à la blockchain, les banques vont pouvoir réduire leurs frais de fonctionnement et augmenter leur profitabilité. 

On pourrait également  imaginer que les banques commencent à proposer de nouveaux services en s’appuyant sur la blockchain et la simplification de process qu’elle engendre : micro-paiements, transactions à moindre frais, micro-crédits à la consommation… En bref, que les banques essayent de reprendre les niches que les FinTech ont investies.

Nous serions ainsi dans une logique où le système récupère l’innovation et se l’approprie. L’utilisation de la blockchain reste une révolution dans le secteur bancaire mais il n’est donc pas sûr qu’elle fasse réellement vaciller l’hégémonie du secteur financier traditionnel. Elle lui offre en effet un nouvel outil dont l’utilisation peut lui apporter de la fiabilité, de la sécurité et des coûts réduits.

En somme, si les nouveaux acteurs fintech tentent effectivement d’investir le pré-carré des banques, ces dernières, loin de rester passive face à l’émergence à venir de la blockchain, se préparent pour transformer cette menace en atout.

–> Lire également notre analyse plus complète : : https://blockchainfrance.net/2016/03/01/quels-impacts-de-la-blockchain-sur-les-banques/

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