La 1ere école française à certifier ses diplômes sur une blockchain

L’école supérieure d’ingénieurs Léonard-de-Vinci (ESILV), basée à La Défense, a décidé de prendre les devants de la vague blockchain. L’ESILV va en effet devenir la première école française à certifier ses diplômes sur une blockchain, a appris Blockchain France auprès de Pascal Brouaye, président du Pôle Universitaire Léonard de Vinci.

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L’annonce n’est pas encore officielle, mais les discussions avec la startup Paymium, qui mettra à disposition sa technologie, sont en très bonne voie. Les premiers diplômes de l’école certifiés par la blockchain devraient pouvoir être délivrés dès avril, au moment de la traditionnelle remise des diplômes. Une centaine d’étudiants seront concernés. L’ESILV emboîte ainsi le pas à la Holberton School aux Etats-Unis, qui a annoncé la même initiative au mois d’octobre.

Joint par téléphone, Cyril Grunspan, responsable pédagogique du département d’Ingénierie Financière de l’école, explique que « ce n’est pas grand-chose à faire : la technologie est là, le reste n’est qu’une question de volonté de la part des écoles. Il s’agit simplement d’une utilisation de la blockchain pour des certifications, étant donné qu’il est facile, aujourd’hui, de truquer des certificats avec Photoshop ». La seule chose qui reste à déterminer est la manière dont les étudiants (qui recevront également un diplôme papier traditionnel) pourront faire valoir ce diplôme, qui sera constitué d’une suite de chiffres et de lettres. « Nous n’avons pas encore décidé si l’école intégrera elle-même ou non une base de données blockchain : l’employeur ira-t-il sur le site de l’école pour vérifier la véracité du diplôme, ou se rendra-t-il plutôt sur une plateforme comme blockcypher.com (qui recense toutes sortes de transactions, y compris les « transactions » non financières) ? A mon avis, le plus simple serait un lien vers blockcypher.com » estime Cyril Grunspan.

Mise à jour (23/01/2016)
Plus d’informations nous ont été communiquées de la part de l’ESILV pour compléter le propos de ci-dessus :

A. L’étudiant est diplômé.
-L’école numérise le diplôme de l’étudiant (l’école est obligée de passer par cette étape à moins que le rectorat coopère et se « convertisse » à la technologie blockchain, ce qui pourrait faire économiser du temps et de l’argent à tous) ;

-L’école rentre la copie numérique du diplôme sur un site dédié crée par Paymium (probablement « diploma.report ») ;
-Ce faisant, le site « hashe » la copie numérique du diplôme (par SHA 256) ;
Paymium écrit sur la blockchain ​cette empreinte numérique  (pour le compte de l’école) ​à l’aide de l’adresse de l’école et conserve l’empreinte numérique de cette transaction ;
Sur diploma.report, l’étudiant conserve et peut télécharger à tout moment trois choses distinctes : une version numérique du diplôme, l’empreinte numérique du diplôme (le hash) et l’empreinte numérique de la transaction écrite dans la blockchain.

L’étudiant est encouragé à garder la copie numérique de son diplôme. Cependant, s’il la perd, il peut la retrouver sur diploma.report.

B. L’étudiant diplômé postule à une offre
-Il envoie la version numérique de son diplôme (le pdf = A2)

-Il envoie dans le même temps le hash du diplôme (A3)
-Il envoie aussi le hash de la transaction blockchain (A4)

C. L’Entreprise souhaite vérifier que le diplôme de l’étudiant est correct
-L’entreprise télécharge le diplôme de l’étudiant (le pdf reçu) ;
-Elle calcule l’empreinte numérique de ce document et vérifie que c’est bien le hash (A3) que lui a également envoyé l’étudiant ;

-L’entreprise va sur un site d’exploration de la blockchain comme blockcypher.com et rentre le hash de la transaction blockchain (A4). L’entreprise voit apparaître alors l’adresse​ de l’école comme origine de la transaction ainsi que l’empreinte de la version numérique du diplôme (A3)​​. Ceci constitue une preuve cryptographique que le diplôme de l’étudiant reçu par l’entreprise est correct​, à condition bien sûr que l’école rende publique son adresse blockchain (et conserve secrète sa clé comme pour une adresse de courrier électronique)​.

Les 1ers cours sur la blockchain en France

En plus de cette initiative, l’ESILV va inclure la blockchain au sein même de son enseignement. L’école s’était déjà positionnée sur ce thème depuis septembre dernier avec l’ouverture d’un cours sur le bitcoin – une première au sein du système éducatif et universitaire français. Mais l’école voit désormais plus grand. Les départements d’ingénierie financière et d’informatique de l’ESILV proposeront en effet à partir de septembre 2016 une option « Fin’tech » qui comportera notamment des cours de sécurité et réseau (cryptographie, protocoles), systèmes de paiement, blockchain, développement web (Java Script, Ruby), et histoire de la Monnaie jusqu’aux bitcoins.

Par ailleurs, outre les cours, la direction de l’école souhaite que les étudiants mènent des projets concrets sur six mois. Un groupe d’étudiants réalise ainsi actuellement un projet en partenariat avec « La Maison du Bitcoin » à Paris, qui consiste à construire un distributeur de boisson avec des paiements en bitcoin. « Avec l’ouverture de l’option « Fin’tech », les projets blockchain et bitcoin vont se développer. On a envie de faire travailler des étudiants sur des vrais besoins de startups bitcoin et blockchain », explique ainsi Cyril Grunspan.

Saluons ces initiatives qui marquent, espérons-le, le début d’un réel mouvement dans l’enseignement supérieur autour de la blockchain. Parmi les écoles de commerce, ESCP Europe, qui accueille notre conférence sur le « big bang blockchain » le 14 janvier, manifeste un réel intérêt pour la blockchain (Primavera De Filippi, une des spécialistes en la matière, interviendra du reste prochainement dans l’école auprès de professeurs et doctorants), mais les autres business schools doivent encore prendre conscience de l’ampleur du sujet. Il est également vital que les écoles d’ingénieurs et d’informatique s’en saisissent et commencent à prototyper des projets concrets qui utiliseraient la blockchain pour répondre à des besoins existants. Dans cette perspective, on ne peut que se féliciter des initiatives de l’ESILV, en espérant qu’elles en appellent d’autres dans les mois à venir !

19 commentaires

  1. Bonjour,
    merci pour toutes ces informations,
    nous sommes porteur d’un projet STARTUP qui sera basé sur cette technologie et nous recherchons un accompagnement et des compétences afin de constituer l’équipe pour ce projet.
    Pourriez vous nous indiquer à qui s’adresser dans une école afin de proposer aux étudiants d’intégrer l’entreprise et de travailler sur le projet pendant leurs études.
    Cordialement
    Charles WERQUIN
    Portable: 0612714121
    email: charles@wfcorp.eu

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