Smart contracts : définition et applications

Les smart contrats constituent l’un des types d’usage les plus prometteurs de la blockchain. Concrètement, il s’agit de programmes autonomes qui, une fois démarrés, exécutent automatiquement des conditions définies au préalable et inscrites dans la blockchain. Ils fonctionnement comme toute instruction conditionnelle de type « if – then » (si telle condition est vérifiée, alors telle conséquence s’exécute).

Pour illustrer un usage possible des smart contracts, prenons l’exemple des assurances voyage : constatant que 60 % des passagers assurés contre le retard de leur vol ne revendiquaient jamais leur argent, une équipe a créé lors d’un hackathon à Londres en 2015 un système d’assurance automatisé basé sur des smart contracts. Avec ce service, les passagers sont automatiquement indemnisés lorsque leur vol est en retard, sans avoir besoin de remplir un quelconque formulaire, et donc sans que l’entreprise ne doive traiter les demandes. Pour se déclencher, le smart contract se connecte à une base de données définie au préalable comme fiable, en l’occurrence dans ce cas une base de données de l’aéroport.

L’apport de la blockchain consiste ici à générer la confiance et la sécurité nécessaires pour automatiser les phases déclaratives sans avoir recours à un tiers.

Un autre exemple imaginable, dans le même registre, est celui de l’assurance dite indicielle (liée à un indice tel que la température ou le niveau de pluie). Ainsi, un smart contract conclu entre l’agriculteur et l’assureur peut stipuler qu’un paiement soit effectué après 30 jours sans précipitations. Le smart contrat est là encore alimenté par des données externes fiables (par exemple les données pluviométriques du service national de météorologie), qui permettent de déclencher automatiquement le paiement après 30 jours de sécheresse, sans l’intervention d’un expert ni nécessité de déclaration ou revendication de l’assuré.

L’avantage de mettre en place des smarts contracts dans une blockchain réside dans la garantie que les termes du contrat ne pourront pas être modifiés. Un smart contract qui ne serait pas dans la blockchain serait un programme dont les termes pourraient être changés en cours d’exécution.

Les smart contracts permettent de réduire les coûts de vérification, d’exécution, d’arbitrage et de fraude, et sont capables de surmonter les problèmes d’aléa moral. Le cryptographe américain Nick Szabo (dont beaucoup pensent, par ailleurs, qu’il serait l’individu derrière le pseudonyme Satoshi Nakamoto, inventeur du Bitcoin et donc du concept de blockchain) est l’inventeur des smart contracts, dont il avait parlé dès 1995. Il avait alors notamment donné l’exemple d’une voiture louée, dont le smart contrat pourrait redonner automatiquement le contrôle du fonctionnement de la voiture au loueur si le locataire omet de faire des paiements à temps.

Comme l’explique Primavera de Filippi, chercheuse au Cersa (CNRS) et au Berkman Center for Internet & Society à l’Université d’Harvard, « un smart contract est un logiciel. Au vu de leur appellation, on a tendance à les assimiler à des contrats, mais ils n’ont pas en eux-mêmes d’autorité juridique. Lorsqu’un contrat juridique existe, le smart contract n’est qu’une application technique de ce contrat. »

De façon plus générale, les smart contracts sont au coeur des applications développées sur la blockchain Ethereum.


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