Un vote électronique sécurisé et transparent

Retrouvez l’intervention de François Dorléans lors de la conférence Big Bang Blockchain

François Dorléans, cofondateur et COO de Stratumn, explique comment la blockchain pourrait être utile au vote en ligne.

La blockchain offre un outil de vote sécurisé dont le résultat, transparent, est auditable par tous. Ni l’administrateur du vote ni d’autres individus ne peuvent modifier le vote a posteriori.

Au moins trois éléments sont nécessaires pour effectuer un vote sur une blockchain : un actif programmable (le bitcoin est pris comme exemple dans cette présentation), un protocole pour représenter et faire vivre le vote ; et une clé cryptographique, sorte de carte électorale digitale, pour garantir l’identité du votant.

Au-dessus de chaque transaction bitcoin est adossable une métadonnée pouvant représenter un actif digital : cet actif peut être un vote, un actif financier, ou encore un actif physique (un objet) qui serait enregistré sur une blockchain, laquelle apporterait la preuve d’existence.

Un vote est une transaction critique : celle-ci doit être exécutée rapidement par le réseau. Pour ce faire, on ajoute des frais de transaction pour rémunérer les mineurs (à l’origine de la sécurisation du vote). Ceux-ci commencent par traiter les transactions qui comportent le plus de frais, puis traitent par ordre décroissant les transactions suivantes. Si le réseau est saturé au moment où l’on envoie un vote, les mineurs vont avoir tendance à reporter ce vote vers les blocs suivants. En conséquence, l’idée est de mettre des frais de transaction de l’ordre de 10 centimes d’euro (selon le cours du bitcoin) pour être à peu près sûr que le réseau va traiter le vote.

L’administrateur du vote (qui peut être une association, ou une entreprise organisant une AG avec ses actionnaires, voire un Etat) place sur un protocole spécifique (Counterparty dans la présentation) autant de jetons qu’il y a de suffrages exprimés. Il transmet ces jetons à l’ensemble des votants, qui ont accès à un portefeuille électronique (un wallet) pour contenir ces jetons. De leur côté, les candidats possèdent une urne numérique – concrètement, un wallet, avec une adresse publique. Quand le votant émet son jeton de vote, il transfère à la fois les bitcoins qui comporte les frais de transaction, et la métadonnée qui représente le vote. A l’issue du vote, le candidat gagnant est celui qui a reçu le plus de jetons.

Pour parachever cette architecture, une carte électorale digitale (concrètement, une clé cryptographique) est nécessaire pour s’assurer que celui qui se présente à son wallet est bien le propriétaire de ce wallet. Une partie de la clé est publique, l’autre privée : on peut dresser le parallèle dans le monde bancaire traditionnel avec le RIB, qu’on peut communiquer à n’importe qui, et le code PIN, qui ne doit pas être partagé.

Les projets dédiés au vote sur la blockchain sont encore au stade expérimental. L’un d’entre eux, FollowMyVote, estime qu’un vote traditionnel coûte environ 5 dollars, et que ce coût pourrait être divisé par 2 voire 3 en utilisant la blockchain du bitcoin. Il reste toutefois plusieurs obstacles à lever pour que le vote sur la blockchain voit le jour.
– le coût des transactions : dans le cas d’un vote d’1 million de personnes, avec des frais de transaction à 10 centimes, le coût d’organisation du vote serait de 100 000 euros (minimum).
– la vitesse des transactions : aujourd’hui elle est estimée à 7 transactions par seconde. Or faire voter par exemple 1 millions de votants en l’espace de 12h nécessiterait une moyenne de 23 transactions par seconde. Pour résoudre ce problème, Stratumn développe une architecture off-chain qui permet d’agréger des gros paquets de transaction en garantissant la même sécurité.
– la protection de la carte électorale digitale contre l’attaque de malware, qui pourrait corrompre le vote. Une parade est toutefois envisageable : ne pas stocker la clé cryptographique sur du logiciel mais sur du hardware, c’est-à-dire de façon physique, à la manière de la clé que propose la start-up Ledger.

En outre, François évoque la possibilité de passer par des blockchains privées (ou « réseaux distribués »), qui pourraient apporter les mêmes garanties de sécurité et de transparence, sans les obstacles de scalabilité : sur certaines blockchains privées, il serait possible d’atteindre 4000 transactions par seconde, explique-t-il.

–> Lire également : Notre tribune sur le sujet intitulée « Demain, un autre vote est possible »

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