Les enseignements de l’expérience de OuiShare

De l’éthique de la décentralisation

Article écrit par Alexandre Stachtchenko, initialement publié sur Linkedin.

Depuis quelques mois maintenant, la Blockchain est un sujet qui agite de nombreux secteurs. Technologie permettant de décentraliser et désintermédier un nombre conséquent de processus et d’applications traditionnelles (banques, entreprises, administrations…), elle promet une révolution à de nombreux égards.

Une des facettes les plus importantes, et pourtant peu abordée, de cette révolution annoncée, réside dans le changement de paradigme organisationnel, et permet d’envisager la fin des structures hiérarchiques traditionnelles.

Là où la technique n’est que le moyen, la méthode spécifique, la technologie désigne également les implications sociologiques, anthropologiques, culturelles.

Un changement de paradigme décisionnel

La Blockchain enregistre les actions de chacun de manière distribuée sur un réseau, et permet ainsi une coordination à large échelle sans organe central d’autorité ou de contrôle. Des règles existent toujours, afin d’organiser les contributions et la création de valeur, mais elles sont disponibles de manière transparente, et la technologie facilite l’audit et le contrôle du respect de ces règles par les parties prenantes. Elle ouvre donc la voie à ce qui était depuis longtemps très compliqué : organiser une gouvernance et une gestion décentralisées.

Il convient à ce stade de rappeler que, si la technologie et l’élaboration d’algorithmes spécifiques, qui traduisent en actions des principes et des règles, pourraient faciliter la mise en oeuvre d’une certaine forme de « décentralisation », elle n’élimine pas pour autant la nécessité de définir, mettre en oeuvre, et maintenir dans le temps un dispositif spécifique de gouvernance et de management. Mais cela crée aussi une dépendance forte à ces règles et donc des risques spécifiques (in fine possiblement à une certaine forme de dictature, où le pouvoir est détenu par ceux qui écrivent les règles).

Cela signifie donc un nouveau mode de prise de décision, une nouvelle manière de voir la stratégie d’une organisation, les objectifs d’une communauté, ou de s’accorder sur des valeurs dans un groupe.

La technologie est la représentation concrète d’une culture, en ce que nous la construisons selon cette dernière.

Or une autre façon de décider influe sur la nature même des décisions, sur la répartition de la valeur créée dans un environnement donné, et par ricochet influe sur la société, les organisations et jusqu’au comportement individuel. La technologie, par conséquent, est la représentation concrète d’une culture, en ce que nous la construisons selon cette dernière. La réciproque est également vraie : par exemple, la découverte de l’électricité et les innovations qui en découlèrent (téléphone notamment) ont permis une réduction des contraintes communicationnelles liées à l’espace, et ont ainsi induit une nouvelle perception de l’espace social. Nous devons donc nous demander où nous voulons aller, vers quelle société, vers quelles valeurs, afin de pouvoir construire une technologie en accord avec le modèle culturel et sociétal cherché. De même que nous avons besoin de bioéthique pour évaluer de manière interdisciplinaire et transversale les impacts éthiques des avancées scientifiques, notamment médicales, construisons une techno-éthique.

De même que nous avons besoin de bioéthique pour évaluer de manière interdisciplinaire et transversale les impacts éthiques des avancées scientifiques, notamment médicales, construisons une techno-éthique.

On peut donc se préparer aux enjeux soulevés par la Blockchain et sa promesse de décentralisation, et il le faut. La pratique permet cependant de soulever des problèmes non envisagés en théorie.

Expérimenter et découvrir

C’est la réflexion qu’a eue, en 2015, Francesca Pick, organisatrice principale du OuiShare Fest.

OuiShare est une organisation think tank internationale promouvant une approche et une vision holistique de la société collaborative. Lancée en 2012, elle était déjà de nature décentralisée, établie dans plusieurs pays (France, Espagne, Allemagne etc.), et fonctionne aujourd’hui encore selon un modèle hiérarchique dynamique, flexible. Sont « membres » tous ceux qui s’identifient dans les valeurs de OuiShare et assistent aux divers événements ou contribuent à divers projets. Les « Connectors », membres actifs, participent au développement de la communauté et gèrent des projets de tous types, notamment l’organisation d’événements dédiés à la société collaborative. Les « Core Connectors » sont les « connectors » qui co-construisent la stratégie globale de OuiShare, et l’ajustent tous les six mois.

OuiShare Fest, le festival de l’économie collaborative organisé annuellement par OuiShare, est l’événement phare de l’organisation, durant lequel se réunissent investisseurs, entrepreneurs, entreprises et grand public autour des différentes problématiques collaboratives.

Décentraliser l’existant

Lors du OuiShare Fest 2015, Francesca rencontre Backfeed, organisation qui construit un système de gouvernance et de gestion décentralisée sur Blockchain. Elle décide de tenter l’expérience, pour l’organisation du OuiShare Fest 2016, de décentraliser l’organisation du projet grâce à Backfeed. OuiShare semble en effet être un terreau fertile pour une telle expérimentation, qui permettra de passer de l’abstrait au concret, et de sensibiliser les néophytes de la technologie Blockchain aux problématiques qu’elle fait naître.

Backfeed est un système de gouvernance décentralisée organisé autour d’une blockchain, d’un algorithme de PoV (Proof of Value – preuve de valeur), d’un système de réputation et d’un mécanisme de crypto-token (jeton cryptographique). Il a pour ambition de permettre, dans le cadre d’une organisation collaborative décentralisée, la création de valeur et sa distribution équitable selon la contribution de chacun, sous la forme de jetons, qui prennent différentes valeurs au cours du temps (equity – commodité – monnaie). Pour plus d’informations, vous pouvez visiter ce lien (en anglais).

Avec Backfeed, Francesca cherche à répondre à plusieurs questions, notamment :

  • Comment valoriser les contributions de chacun dans le cadre d’un projet ?
  • Comment rétribuer justement ces contributions ?
  • Comment rendre la gestion d’un projet plus transparente ?
  • Comment établir une prise de décision décentralisée efficace ?

Décentraliser pour la transparence

Dans l’organisation actuelle de OuiShare, la décentralisation et la transparence rencontrent certaines limites.

Cette organisation, basée sur le relationnel et la confiance non seulement entre personnes, mais aussi dans les règles communes, les outils, l’information, les process, les comportements, etc.., induit la recherche d’une forme de coordination indirecte créatrice de valeur, que l’on appelle stigmergie.

Pour atteindre un tel objectif il est donc nécessaire de nourrir la transparence sur les actions de chacun. Lorsque quelqu’un effectue une action, elle n’entraînera pas d’action subséquente si la communauté n’a pas connaissance de la nature de cette action et de ses résultats, ce qui peut par ailleurs engendrer des tensions et conflits au sein de l’organisation.

La Blockchain pourrait être une technologie capable de répondre à cet objectif de stigmergie, en créant une documentation horodatée des contributions de chacun. Garder un historique de ces contributions est également primordial dans une organisation agile et ouverte comme OuiShare, puisqu’il y a en permanence des nouveaux membres et des départs. Au risque de générer des mésententes, les nouveaux arrivants doivent par exemple être au courant de l’historique des contributions afin de comprendre pourquoi certains contributeurs sont plus rétribués que d’autres.

La Blockchain pourrait être une technologie capable de répondre à cet objectif de stigmergie, en créant une documentation horodatée des contributions de chacun.

La réputation et la confiance au coeur du système

Vient aussi la problématique de la réputation : la décentralisation doit permettre à une organisation d’extraire le meilleur de la communauté tout en permettant aux individus d’être reconnus pour ce qu’ils produisent.

Lors des premières réunions d’équipe et de l’exposition de l’expérimentation, les réactions sont vives et symptomatiques de l’appréhension concernant le sujet.

Rapidement, des nouvelles problématiques sont soulevées, témoignages de l’adhésion inconsciente de chacun à des principes fondamentaux (réciprocité, équité, liberté etc.).

Premièrement, quel type de contribution a de la valeur ? Qui détermine cette valeur ?

Selon le modèle Backfeed, la valeur est déterminée par un consensus de la communauté, et ce de manière automatique. Ce qui pose plusieurs problèmes, le principal étant la confiance nécessaire dans un système plutôt qu’en des personnes : si cette idée est au cœur de la Blockchain, puisqu’elle permet de faire confiance à des algorithmes (connus de tous, sur lesquels se base la Blockchain) plutôt qu’à des personnes faillibles, elle peut également susciter l’appréhension. Car faire confiance aux algorithmes et au système, c’est d’abord faire confiance aux mathématiciens et développeurs, et plus généralement à tous les éléments et à toutes les parties prenantes de ce système.

Par conséquent, cela ne consiste pas en un abandon de la nécessité de confiance, mais simplement un transfert des sujets de cette confiance. Et par extension le transfert de la légitimité et du pouvoir.

Mais ce transfert est-il bénéfique ?

La question se pose dans un cadre comme OuiShare, où la confiance est considérée comme présente entre individus se connaissant (membres et connecteurs de OuiShare), mais absente avec l’extérieur. Cela revient donc à transférer la confiance que l’on a pour des personnes connues envers des inconnus, ou a minima en lesquelles on a moins confiance. De plus, cette confiance est plus poussée puisqu’elle autorise le système mis en place à prendre les décisions automatiquement. « Est-ce le système ou la communauté qui prend une décision ? » s’interroge d’ailleurs Francesca. « La société est basée sur la confiance, on ne peut l’éliminer. D’un point de vue éthique et humain, la confiance ne doit pas disparaître, même si la technologie permet de s’en passer. ».

« D’un point de vue éthique et humain, la confiance ne doit pas disparaître, même si la technologie permet de s’en passer »

Évaluer et répartir la valeur : entre motivation et inhibition

Un autre problème posé par la détermination de la valeur est son évaluation. Etablir un consensus nécessite d’obtenir les différentes opinions au sein de la communauté concernée sur les contributions des individus.

Or on peut se poser la question de la qualité de ces opinions, de leur pertinence, de leur impartialité, et même, de leur perversité.

Le modèle Backfeed imagine la création de valeur comme une émission de jetons quantifiable. « Sur une échelle de 0 à 100 par exemple, je peux attribuer à une contribution 0 si je la considère comme très mauvaise, et 100 si je la trouve excellente » explique Francesca. « Cela pose la question de la quantification des contributions. Comment savoir si négocier un partenariat avec un sponsor vaut plus ou moins qu’avoir une discussion stimulante avec un autre membre de la communauté ? Comment évaluer les contributions bénévoles ? Evalue-t-on l’importance, la qualité, la pertinence d’un travail ? Ce système est-il fiable avant d’atteindre une masse critique d’évaluateurs ? » sont autant de questions bloquantes pour les membres de l’équipe impliquée dans l’expérience de décentralisation.

« Evalue-t-on l’importance, la qualité, la pertinence d’un travail ? »

Le système d’évaluation poussé à son paroxysme peut effrayer d’autant plus : peut-on limiter un être humain à des chiffres ? Continuera-t-on d’être créatif et dynamique si l’on sait que nos contributions sont toutes évaluées et tracées ?

La pratique vient apporter un début de réponse à ces questions : alors que l’extension Backfeed sur Slack permet d’ajouter formellement des contributions et de les ouvrir aux évaluations, lorsque des discussions sur des propositions de thèmes à aborder pour le prochain OuiShare Fest furent organisées, personne ne se servit de cet outil. Et lorsqu’on le fit remarquer, la discussion s’arrêta, chacun étant inhibé par la peur d’émettre une contribution de mauvaise qualité. Cela peut même se décliner en discrimination sociale, les personnes les plus sûres d’elles-mêmes hésitant moins à proposer des idées que les introvertis par exemple.

Des questions pratiques en suspens

Le système de contributions de Backfeed, et la Blockchain en général, soulèvent également un autre problème : comment réconcilier l’offline et l’online ? « Avec cette tendance à regarder la technique, internet et la Blockchain en particulier, comme substitut à toute relation, nous oublions bien souvent que le fait de se coordonner sur internet ne signifie pas arrêter de se coordonner en dehors » rappelle Francesca.

« Nous oublions bien souvent que le fait de se coordonner sur internet ne signifie pas arrêter de se coordonner en dehors »

En effet, les outils collaboratifs ne peuvent se substituer aux relations et interactions, et ne sont qu’une aide dans l’accomplissement d’un objectif donné. Pour reprendre un exemple cité plus haut, comment pourrais-je enregistrer sur la Blockchain le fait d’avoir eu une conversation stimulante de 30 minutes avec un membre de l’équipe ? Il faudrait passer du temps à répertorier sur Backfeed par exemple l’ensemble de ses actions quotidiennes pour les soumettre à évaluation, ce qui pose évidemment problème. « Ce système peut vraiment capter quelque chose qui est dans OuiShare depuis longtemps et que l’on avait du mal à exprimer. » s’enthousiasme Francesca, « Cependant, si nous voulons améliorer la transparence, nous ne voulons pas être surchargés de process, jusqu’à en perdre du temps qui devrait être consacré à la création de valeur ». La question qui se pose en conséquence est la suivante : dans l’expression “économie collaborative”, quel terme voulons nous mettre en exergue ?

Dans l’expression “économie collaborative”, quel terme voulons nous mettre en exergue ?

Enfin, se pose également la question très pratique de la complémentarité avec les autres outils. « L’idée n’est pas de changer d’outil complètement, mais de voir comment adapter un modèle décentralisé à une organisation déjà existante » précise Francesca. « Nous utilisons déjà toute une panoplie d’outils collaboratifs : Slack, Trello, Loomio, Telegram etc. L’idée de Backfeed, c’est de ne pas changer d’outil, mais de les améliorer, d’ajouter une couche de transparence et de valeur distribuée. ». Backfeed, qui en est encore à l’état embryonnaire, doit trouver un moyen de s’adapter à la multitude d’outils collaboratifs déjà existants. Si le premier prototype est un module de Slack, il reste encore à trouver un moyen par exemple d’ajouter les tâches terminées de Trello dans les contributions Backfeed, ou encore d’extraire la valeur des conversations Telegram, etc.

Des questions toujours ouvertes

De manière générale, Francesca évoque une divergence de vision sur l’utilisation de la Blockchain et de Backfeed. Certains privilégient une approche agile : essayer, développer, changer. D’autres préfèrent aborder toutes les questions qui se posent avant de proposer quelque chose de sûr. Il s’agit de traiter les notions d’appétence au risque, de seuil de tolérance au risque, et du niveau acceptable du niveau de risque réellement pris. C’est évidemment une problématique commune à tous les entrepreneurs, qui n’est pas spécifique aux enjeux de la Blockchain.

Il en ressort en tout cas plusieurs enseignements :

  • Tous ces systèmes sont loin d’être matures en matière de gouvernance. Au-delà des extrapolations théoriques, il ne faut pas sombrer dans l’effet de mode ; soyons lucides quant au caractère expérimental des organisations décentralisées.
  • Est-ce un type d’organisation adapté à tous les réseaux ? Les problèmes de coordination online/offline, d’évaluations constantes et systématiques, d’automatisation du consensus etc… posent un certain nombre de questions éthiques. Veut-on basculer vers du « tout virtuel », donner du pouvoir aux machines et au code ? « Nous voulons une société plus humaine. Nous ne sommes pas sûrs que cela nous y amène. » répond Francesca.

« Nous voulons une société plus humaine. Nous ne sommes pas sûrs que cela nous y amène »

  • Une telle expérimentation est un outil formidable pour la réflexion sociologique sur les groupes et sur les bases morales sur lesquels ils se construisent et fonctionnent. Avec notamment des questions fondamentales :

o   Veut-on évaluer en permanence ?

o   Veut-on favoriser l’homogénéité au travers de systèmes de réputation qui ont tendance à rapprocher les personnes similaires, au détriment de la mixité ?

o   Peut-on tout transformer en chiffres ? Peut-on tout mesurer ?

o   Met-on sur le même plan l’implicite et le tangible ?

o   Uniformiser le système de rétribution est-il viable ? Réagit-on tous de la même manière à une même incitation ? Faut-il tout rétribuer ? Le bénévolat par exemple ne perd-il pas son âme lorsqu’il est rémunéré ? Peut-on faire cohabiter marchandisation systématique et utopie libératrice de la Blockchain ?

Quelle société pour des organisations décentralisées ?

« Changer les comportements et les relations représente une barrière beaucoup plus large que la technologie »

Comme nous l’avons vu, la Blockchain apporte un tel changement de paradigme qu’elle nécessite de repenser la société dans son ensemble, au-delà des organisations qui la composent.  Pour Francesca, « la technologie n’est pas applicable pour l’économie collaborative pour le moment, mais elle peut être envisagée pour remplacer les structures juridiques, au travers des plateformes collaboratives, « ubérisant Uber ». Car le problème aujourd’hui, c’est que le collaboratif est une couche que l’on ajoute sur une plateforme traditionnelle qui capte la valeur d’une communauté. La technologie va aider à redistribuer la valeur, mais la gouvernance doit également être modifiée. ». Et Francesca de conclure : « Changer les comportements et les relations représente une barrière beaucoup plus large que la technologie ».

Au-delà du collaboratif, les questions de motivation, de dispositifs d’incitation ou de dissuasion, de contribution implicite, bénévole, tangible etc. nécessitent de repenser de nombreux fondamentaux, considérés comme intangibles dans la société. « La question se pose vraiment dans le cadre du travail flexible, du revenu universel, et surtout dans la citoyenneté numérique. Il devient possible de donner une identité à tout le monde ! » poursuit Francesca.

Problème de société récurrent et clivant, la question de l’identité peut être vue sous un nouvel angle. Dans l’histoire, l’individu a souvent eu tendance à s’identifier à l’image que lui renvoie sa communauté. Je suis français parce que je suis comme les autres Français. Aujourd’hui, la progression de l’individualisme amène chacun à s’identifier à ce qu’il est plutôt qu’à ce qu’une communauté lui impose d’être. Les combats des minorités contre les discriminations sont, par exemple, symptomatiques de cette tendance : on se revendique ce que l’on nous interdit d’être. Nous cherchons moins à vivre avec des gens qui nous ressemblent qu’avec des gens qui partagent nos valeurs.

Repenser l’identité

Devant ce constat, c’est la notion d’Etat-Nation qui tremble.

Suis-je français parce que né en France ? Suis-je français parce que j’adhère aux valeurs de la République française ? La République française s’identifie-t-elle à la France ?

Peut-on, dès lors, s’étonner que des individus nés en France, donc français officiellement, mais qui n’adhèrent pas aux valeurs de la République, traversent une crise identitaire ?

Des constitutions intangibles, cohérentes, reliées à aucune géographie.

La Blockchain pourrait permettre de dépasser les frontières, et de réunir des personnes partageant les mêmes valeurs et visions autour d’une multitude de constitutions numériques. Nous pourrions imaginer des constitutions, programmées et enregistrées sur des smart contracts (des programmes informatiques exécutant automatiquement et de manière autonome les termes d’un contrat) s’appliquant ex-ante, auxquelles on ne pourrait se soustraire, et qui régiraient un ensemble de sous-smart-contracts afférents. Dans ce cas-là, je choisis en conscience d’adhérer à telle ou telle constitution, en accord avec mes valeurs et principes. Des constitutions intangibles, cohérentes, reliées à aucune géographie. Ni ici, ni là-bas, et pourtant partout.

Il serait intéressant d’avoir une conception moins unilatérale de l’identité et de la nationalité. L’identité est une adhésion, et non un hasard. N’est-il pas temps de construire une véritable citoyenneté numérique ?

L’identité est une adhésion, et non un hasard. N’est-il pas temps de construire une véritable citoyenneté numérique ?

La technologie Blockchain, permettant des expérimentations d’organisations décentralisées, autonomes, n’est pas simplement un outil pour explorer le monde existant. Elle est dans le même temps l’outil de prospection et l’espace à explorer. Par conséquent, le monde que nous voulons construire pour demain doit être envisagé sous toutes ses formes, et les questions suscitées doivent trouver des réponses en conscience. Il n’est pas sûr que la technologie nous emmène où nous voudrions aller. Les promesses de désintermédiation, de décentralisation, et d’agilité de la Blockchain s’accompagnent d’incommodités dont il convient de se demander si l’on peut s’en accommoder.

Entre agilité et fragilité, il nous faudra arbitrer.

Article écrit par Alexandre Stachtchenko.

Plus d’informations sur OuiShare sur le site ouishare.net/fr. Inscriptions au OuiShare Fest 2016 : http://ouisharefest.com/

Pour plus d’informations sur les perspectives et les enjeux de la Blockchain, rendez-vous sur http://blockchainfrance.net 

Nous ouvrons le site aux contributions externes. N’hésitez pas à nous contacter (contact@blockchainfrance.net) si vous voulez publier un article de fond sur les enjeux ou les cas d’usages de la Blockchain. 

6 commentaires

  1. « Le bénévolat par exemple ne perd-il pas son âme lorsqu’il est rémunéré ? ». Elle est bien bonne !!!!!! 😀

    L’article est intéressant mais vraiment confus sur la 2e partie. La dernière partie est hors-sujet.

    J'aime

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