Comment la méconnaissance générale du Bitcoin pourrait nous priver d’une évolution technologique et économique

Contribution écrite par Thibaud Frichet, auteur du blog technophile tfrichet.fr

Comprendre le Bitcoin

Le principe

Pour aborder Bitcoin il existe une vidéo claire, concise et pas très longue éditée par la communauté. Je vous épargne les interviews interminables d’experts et autres économistes… Pensez à activer les sous-titres ainsi que la traduction automatique.

Résumons :

  • Bitcoin est un protocole qui permet de faire fonctionner la cryptomonnaie bitcoin, donc il n’existe pas de pièces ni de billets physiques.
  • Bitcoin est décentralisé : aucune autorité et aucun gouvernement ne règne sur le Bitcoin, il n’appartient à personne.
  • Bitcoin est échangeable gratuitement sur internet entre deux individus sans passer par une autorité tierce : c’est du peer to peer.
  • Bitcoin n’a aucune limite géographique, aucun plafond ni aucune clause quelle qu’elle soit.
  • Il existe des sites internet pour échanger des bitcoins contre des monnaies réelles et vice-versa
  • Il est possible d’envoyer des bitcoins aussi simplement qu’un mail : il faut simplement connaitre l’adresse Bitcoin du destinataire.
  • On peut faire du commerce avec des bitcoins si la personne ou le commerçant en face l’utilise également.
  • Le réseau Bitcoin est sécurisé par des mineurs qui vérifient l’ensemble des transactions effectuées sur le réseau.
  • Bitcoin est basé sur des transactions vérifiées et sécurisées : c’est une cryptomonnaie.
  • Toutes les transactions du réseau Bitcoin sont enregistrées et tout le monde peut y accéder à tout moment.
  • Le code source de Bitcoin est ouvert, tout le monde peut le consulter.

Avoir des bitcoins

Le portefeuillewallet 128

Afin de posséder des bitcoins, vous devez avoir un portefeuille de bitcoins. A l’instar d’un portefeuille réel, votre portefeuille de bitcoins contient de l’argent que vous pouvez gagner ou dépenser.

Les portefeuilles Bitcoin sont dématérialisés et s’installent sur votre ordinateur, votre smartphone ou autre… Le code source de Bitcoin (ainsi que son fonctionnement) est libre, il existe donc plusieurs portefeuilles de Bitcoin. Nous pouvons les distinguer en deux catégories :

  • Les portefeuilles synchronisés
  • Les portefeuilles non synchronisés

Synchronisés ? Késako ?

Le réseau Bitcoin est décentralisé. Pour fonctionner efficacement et en temps réel entre tous les utilisateurs, votre portefeuille doit stocker l’ensemble des transactions réalisées depuis la naissance du réseau Bitcoin. Rappelez-vous, toutes les transactions sont publiques, et vous en gardez même une copie dans votre portefeuille !

Mais alors, Bitcoin n’est pas anonyme ?

Non : les transactions sur Bitcoin sont pseudonymes, ce qui est différent. Il existe de nombreux sites sur lesquels vous pouvez explorer et faire des recherches sur l’ensemble de l’historique du réseau Bitcoin. Le plus connu : https://blockchain.info/

Le problème, c’est qu’actuellement (mars 2016) nous parlons de plusieurs gigaoctets de données, environ 60Go… Lorsque vous installez pour la première fois votre portefeuille Bitcoin, il est nécessaire de télécharger l’ensemble des données du réseau avant de pouvoir effectuer une transaction. Ensuite le portefeuille se synchronise en temps réel.

Rassurez-vous, les 10 semaines en retard vont se synchroniser en quelques minutes. Par contre, s’il s’agit de votre première installation, comptez une quarantaine d’heures…

Bien entendu, si vous voulez utiliser Bitcoin afin d’envoyer et de recevoir de l’argent, il n’est pas nécessaire de laisser tourner 24h/24 votre portefeuille sur votre ordinateur.

Vous pouvez recevoir des Bitcoin même si votre portefeuille n’est pas allumé, et donc pas synchronisé. Lorsque vous redémarrerez votre portefeuille et qu’il se synchronisera à nouveau, il remarquera qu’une de vos adresses a été destinataire d’une transaction et votre solde sera mis à jour.

Mes adresses Bitcoin ?

Oui, Bitcoin ne vous limite pas en terme de nombre de comptes comme pourrait le faire votre banque… Créer une adresse qui peut recevoir et envoyer des Bitcoin ne vous coûtera qu’un seul clic.

Les adresses Bitcoin ressemblent à ceci : 1JGNoF5Q34mhiitmVJYsxtCBHMK4u9qghy

C’est à partir de là que Bitcoin est réputé à tort comme étant anonyme.

Je m’explique : cette adresse que je viens de créer spécialement pour cet article, vous savez qu’elle m’appartient et vous pouvez m’envoyer de l’argent avec (n’hésitez pas surtout), mais vous pouvez aussi consulter l’ensemble des transactions qui la concernent : https://blockchain.info/address/1JGNoF5Q34mhiitmVJYsxtCBHMK4u9qghy.

En revanche, si je ne vous avais jamais dit que cette adresse m’appartient, vous ne le sauriez pas. Afin de me retrouver depuis cette adresse vous seriez alors embarqué dans un jeu de piste en suivant les transactions de cette adresse afin de trouver un indice plus probant. Quelles autres adresses ont effectué des transactions avec la mienne ? A qui appartiennent-elles ?

Retournons à notre portefeuille maintenant que vous avez compris le fonctionnement d’un portefeuille synchronisé qui stocke l’ensemble des transactions du réseau. La différence d’un portefeuille non synchronisé est qu’il s’appuie sur un service en ligne afin de ne pas stocker cet historique. Ainsi plusieurs portefeuilles se servent d’une base de données mutualisée.

Rassurez-vous, vos adresses sont tout de même stockées en local. Récapitulons :

Personnellement, je préfère l’utilisation d’un portefeuille synchronisé. En hébergeant une copie du réseau Bitcoin sur mon ordinateur, je renforce sa sécurité et je ne m’appuie sur aucun tiers pour gérer mon argent.

Maintenant vous savez tout, vous pouvez choisir votre portefeuille Bitcoin avec ce comparateur, j’utilise personnellement Bitcoin Core : synchronisé, open source et multiplateforme.

Enfin, sachez que comme un portefeuille réel, votre portefeuille Bitcoin peut être volé. Pour ce faire il existe des mécanismes de sécurité très simple à mettre en place :

  • Sécuriser votre portefeuille avec une phrase de cryptage, équivalent à une protection par mot de passe
  • Exporter après chaque transaction votre portefeuille (quelques Ko de données) sur un support de stockage à froid déconnecté du réseau (clef usb, CD…)

Acheter des bitcoins

Vous possédez votre portefeuille, comprenez son fonctionnement ainsi que celui du réseau Bitcoin. Il faut maintenant vous procurer des bitcoins. La solution la plus simple et la plus courante est d’utiliser des plateformes d’échanges de monnaies réelles contre des bitcoins. En voici une liste non exhaustive :

La liste complète régulièrement à jour est disponible par ici.

Mais comment ces sites font de l’argent ? Ne vais-je pas me faire avoir ?

La politique de ces plateformes est transparente : une commission est prise lorsque vous achetez ou vendez des Bitcoin.

Et si je ne veux pas passer par une plateforme tierce ? Avec Bitcoin il est possible de gérer tout seul son portefeuille, non !?

Il existe une autre manière de se procurer des Bitcoin autrement qu’en utilisant ces plateformes : le minage.

bitcoin mining logo

Miner des bitcoins

Souvenez-vous, je vous ai parlé des mineurs qui sécurisent le réseau Bitcoin en vérifiant les transactions. Tout travail mérite salaire et ces mineurs ne le font pas gratuitement : ils récupèrent au passage une infime quantité de bitcoins de manière automatique.

Si vous m’envoyez des bitcoins (sage décision) sachez que des mineurs sur le réseau vont en prélever une infime partie. Mais cela n’est pas un problème, bien au contraire. Le rôle des mineurs est avant tout de valider les transactions plusieurs fois afin de garantir la sécurité du réseau Bitcoin : la non-répudiation des transactions.

Les mineurs de bitcoins, qui sont-ils ?

Ils peuvent être n’importe qui : il est très facile de miner des bitcoins et cela pouvait à une époque être rapidement rentable. De nos jours ne comptez pas sur votre ordinateur personnel pour vous rapporter des bitcoins en devenant mineur… A la limite les serveurs de vos entreprises… Les bitcoins rapportés sont proportionnels à la puissance de calcul utilisable par votre machine.

Aujourd’hui les mineurs de bitcoins le sont à un niveau professionnel. Les particuliers peuvent miner en groupe afin de mutualiser leur puissance de calcul, c’est le minage en pool.

Voici une autre vidéo assez bien réalisée à propos du minage :

Résumons :

  • Les mineurs résolvent des problèmes mathématiques, ils ont besoin de puissance de calcul.
  • Ils sont récompensés en bitcoins pour leur travail, c’est une source de motivation.
  • Les mineurs sont nécessaires pour approuver les transactions Bitcoin.
  • Plus il y a de mineurs sur le réseau, plus il est sécurisé.
  • La difficulté des problèmes mathématiques à résoudre évolue avec le temps.
  • Les cartes graphiques sont plus adaptées à miner du Bitcoin que les processeurs traditionnels.
  • Les ASIC sont des puces dédiées au minage du Bitcoin : moins énergivores et plus efficaces.
  • Les mineurs minent en groupe pour une plus grande efficacité.

Pour vous donner une idée de l’ampleur du phénomène, regardez ce reportage à propos d’une ferme de minage secrète en Chine (octobre 2014) :

Oui, le minage du Bitcoin a été à une époque extrêmement rentable. Même si ce reportage est affligeant au niveau de la condition humaine, n’oubliez pas que le Bitcoin n’a pas inventé l’esclavage moderne.

Dépenser mes bitcoins

La liste des sites qui accepte les Bitcoin est assez longue et vous êtes déjà peut être client d’un de ces sites. Il y va de la vente en ligne de matériel informatique & high tech, d’imprimantes 3D, de modélisme, de produits alimentaires (même pour nos amis les animaux), de bijoux, de vêtements et chaussures, de jeux vidéos, de cigarettes électroniques, etc.

Bitcoin.fr met à jour cette liste régulièrement : https://bitcoin.fr/depenser-ses-bitcoins/

Un peu d’histoire

Bitcoin est né en 2009 sur le forum P2Pfoundation. Un anonyme utilisant le pseudo Satoshi Nakamoto y publie le livre blanc de Bitcoin. Des rumeurs et spéculations apparaissent rapidement sur son identité et le phénomène prend de l’ampleur. 7 ans plus tard le Bitcoin est connu et répandu. Peu importe qui est ce Satoshi Nakamoto, il a créé quelque chose de bien plus grand que lui. De ce côté j’adhère à l’opinion du Hollandais Volant : suivons les idées, pas les hommes.

Le livre blanc original est disponible ici en anglais. Le blogueur Octo propose une traduction en français du livre blanc. Si vous voulez comprendre en détail le fonctionnement de Bitcoin, n’hésitez pas !

Depuis cette publication le Bitcoin ne cesse de faire parler de lui, le site bitcoin.fr relate les évènements importants du Bitcoin depuis sa création.

Je considère à partir d’ici que vous avez compris ce qu’est le Bitcoin ainsi que ses grands principes, n’hésitez pas à consulter la FAQ de bitcoin.fr.

Pour aller plus loin : la Blockchain

La sécurité, la fiabilité et la non-répudiation, le réel potentiel de la blockchain

Bitcoin n’est en réalité qu’une application financière de la Blockchain. Le minage, la confiance envers le réseau décentralisé, la puissance de calcul nécessaire à la validation des données… Tout cela appartient à la blockchain.

La blockchain (chaine de blocs) est une concaténation infinie de blocs de données empilés les uns sur les autres. Les blocs de données reprennent une somme de contrôle des travaux précédents – des précédents blocs – et y ajoutent les nouvelles transactions.

Somme de contrôle des données des précédents blocs ?

Selon Wikipédia, la somme de contrôle est un nombre qu’on ajoute à un message pour permettre de vérifier que le message reçu est bien celui qui a été envoyé. C’est une opération mathématique effectuée sur le contenu des blocs. Par exemple les deux derniers numéros de votre RIB sont une somme de contrôle.

L’ensemble des mineurs effectuent le calcul d’un nouveau bloc de données en même temps selon les informations qu’ils reçoivent : les transactions en cours. La génération d’un bloc prend un certain temps prédéfini (10 minutes avec le Bitcoin) et lorsqu’un bloc est généré l’ensemble des mineurs l’envoie sur le réseau pour que les autres mineurs le comparent avec leurs propres travaux.

Si vous pensez que le réseau Bitcoin n’est pas assez actif et qu’il ne passe rien en 10 minutes, retournez sur blockchain.info et regardez la rubrique Dernières transactions, vous voyez ici en temps réels les transactions du réseau Bitcoin.

Si une personne malveillante voulait porter atteinte à cette blockchain et y imposer ses propres données, elle devrait posséder au moins 50% de la puissance de calcul de l’ensemble du réseau afin de créer un bloc erroné et le propager avant les autres mineurs. Plutôt difficile à réaliser lorsque tout le monde possède une copie de la blockchain en temps réel au sein de son propre ordinateur ! Voilà ici un argument supplémentaire pour diversifier nos périphériques matériels et logiciels : ne confiez pas l’ensemble de votre vie virtuelle à une seule entreprise et respectez la neutralité du net.

Wikipédia nous l’explique ainsi :

La chaîne de blocs (blockchain) est la mise en œuvre de la solution du problème des généraux byzantins. Ce problème mathématique consiste à s’assurer qu’un ensemble de composants informatiques fonctionnant de concert sache gérer des défaillances ou malveillances. Le système doit être capable de maintenir sa fiabilité dans le cas où une part minoritaire des composants enverrait des informations erronées ou malveillantes pour contourner la vérification de la double dépense.

Pour résoudre cette difficulté, le protocole utilise un système cryptographique fondé sur un système décentralisé de preuves : la résolution de la preuve nécessite une puissance de calcul informatique élevée, fournie par les mineurs. Les mineurs sont des entités dont la fonction est d’alimenter le réseau en puissance de calcul, afin de permettre la mise à jour de la base de données décentralisée. Pour mettre à jour la base de données, les mineurs doivent confirmer les nouveaux blocs en décryptant les données.

Une concurrence existe entre les mineurs pour le décryptage des transactions, permettant à la puissance disponible sur le réseau de croître. N’importe qui peut prêter sa puissance de calcul pour miner, mais plus les mineurs sont nombreux plus la résolution des preuves est difficile à s’attribuer. Ainsi, le protocole peut devenir quasi-inviolable dès lors que la concurrence est forte à chaque nœud du réseau c’est-à-dire qu’aucun groupement de mineurs ne devient majoritaire.

Les applications possibles

Les crypto-monnaies…

La première application de la blockchain c’est bien entendu le Bitcoin, mais sachez qu’il existe d’autres crypto-monnaies basées sur le même principe. Le Litecoin en est une, elle est similaire au Bitcoin mais elle utilise un autre algorithme de minage. Cette dernière a d’ailleurs été dérivée avec le Dogecoin, à l’effigie du même internet Doge.

D’autres crypto-monnaies sont plus spécifiques, comme le namecoin qui agit comme un DNS décentralisé en opposition au système DNS traditionnel ou encore le dash (darkcoin) qui est anonyme.

La liste complète est sur Wikipédia.

… mais encore ?

Réfléchissez… La blockchain est un registre public inaltérable qui ne craint pas la censure. De nos jours alors que la manipulation et le contrôle des données par des gouvernements ou des entreprises fait régulièrement la une, je suis convaincu que la blockchain et son fonctionnement décentralisé aura un rôle à jouer dans les prochaines années.

Imaginez toutes les applications possibles avec ce système : le vote, l’hébergement web, les registres publics sécurisés, les transactions, la messagerie décentralisée, etc..

Bitcoin et le grand public

Les faits divers

Avant 2013 le prix d’un Bitcoin était toujours en dessous de 10$. C’est à partir d’avril 2013 que le cours du Bitcoin arrive à 230$ avant de s’effondrer soudainement. En fin d’année le cours s’envolera à nouveau jusqu’à 978$.

Il y a eu plusieurs causes à ces fluctuations soudaines et la Banque de France a réalisé un graphique à ce sujet dans un article impartial et objectif intitulé  »Les dangers liés au développement des monnaies virtuelles : l’exemple du bitcoin »… Le graphique brut provient de bitcoincharts.com, plateforme ouverte au public vous permettant de consulter toutes sortes de statistiques liées au Bitcoin.

graph 2013 banquedefrance

Trois phénomènes sont à retenir :

  • Le peuple chypriote utilisant le Bitcoin alors en pleine crise financière,
  • L’attaque du site Mt.Gox par déni de service,
  • La fermeture du site Silk Road par le FBI.

Cette montée en flèche du cours de Bitcoin aura eu à l’époque de nombreuses conséquences. Les earlys-adopters du Bitcoin qui en avaient achetés lorsqu’ils ne valaient rien se sont précipités pour les vendre avec un gigantesque bénéfice.

Un certain James Howells avait fait le buzz à l’époque en jetant à la poubelle son disque dur contenant 7500 Bitcoin avant de se rendre compte qu’ils étaient plus tard valorisés à 7,5 millions de dollars. Trois ans après, il en parle encore sur sa page Twitter.

A partir de cette médiatisation qui commençait à prendre de l’ampleur, les premiers contacts entre Bitcoin et le grand public ont été compliqués : le scandale MtGox et son dirigeant Mark KAPELÈS.

Début 2014, la plateforme d’échange japonaise mtgox.com qui permettait d’échanger des Bitcoin contre de l’argent réel stoppa soudainement son service pendant quelques jours prétextant une attaque informatique de grande ampleur. Cela semblait crédible les premiers jours puisque le site avait déjà été attaqué par le passé.

Très rapidement l’affaire prit de l’ampleur et les clients se rendirent compte que leurs Bitcoin n’étaient plus sur le site. Les portefeuilles en ligne étaient vides (encore une raison supplémentaire de conserver ses Bitcoin sur sa propre machine). La perte fut estimée à 850 000 bitcoin soit 350 millions d’euros.

Il sera découvert plus tard que le patron français du site, Mark KAPELÈS fut à l’origine de cette crise financière 2.0 : il aurait détourné ces Bitcoin vers son compte personnel. Il sera arrêté en août 2015 par la police japonaise.

Peur et méconnaissance du Bitcoin

Ces éléments ont créé la mauvaise réputation du Bitcoin ; à ce jour, la presse en parle le plus souvent pour des histoires de financement d’activités illégales ou de détournement de fonds.

Les évènements tragiques que la France a connu en janvier et en novembre 2015 ont posé la question légitime du financement du terrorisme par le Bitcoin. Cette monnaie virtuelle décentralisée libérée de tout contrôle ne participerait-elle pas au financement des organisations terroristes ?

Europol – l’office de police criminelle européen – conclut dans un rapport public de janvier 2016 que le Bitcoin ne finance pas le terrorisme.

Voici le paragraphe 2.3 de ce rapport qui traite du financement des opérations terroristes :

europol18. The financing of terrorist operations has not undergone any marked changes in the recent past. The sources of funding of the operatives in the EU are largely unknown. It is obvious that the costs of travel, the renting of cars and safe houses and the acquisition of means of communication and of weapons and explosives may involve considerable sums of money. There is no evidence however of IS-financing networks in existence. Despite third party reporting suggesting the use of anonymous currencies like Bitcoin by terrorists to finance their activities, this has not been confirmed by law enforcement.
19. The travel of foreign fighters to the conflict zones is likely to be funded by the travellers themselves with both legal means and criminal activities, such as frauds. This also has not changed recently.

Il y est expliqué que :

  • Le financement des opérations terroristes n’a pas subi de changement récemment,
  • Le Bitcoin n’a jamais été mis en cause dans les enquêtes relatives au terrorisme,
  • Le voyage des terroristes étrangers aux zones de conflit est financé par les voyageurs eux-mêmes légalement ou par la fraude.

De plus Bitcoin.fr nous rappelle aussi à cette occasion que la blockchain est publique et que de réelles investigations en ce sens permettraient facilement de remonter la piste d’une transaction. Mais ça, vous le savez déjà, non ?

Contribution écrite par Thibaud Frichet, auteur du blog technophile tfrichet.fr

(2 commentaires)

  1. Vraiment super article, très complet, qui présente le bitcoin et sa technologie en détails et qui permet d’avoir un angle de vu assez large sur le sujet. La partie sur la blockchain est d’autant plus intéressante sachant que le bitcoin lui peut présenter des limites au fil du temps alors que la chaîne de bloc elle est un moteur qui propose un potentiel de dingue et qui va nous permettre de faciliter un grand nombre de tâches dans l’avenir.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s