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Retour sur l’évènement annuel de la communauté Ethereum

La DevCon2, grand rassemblement annuel de la communauté de la blockchain Ethereum (et en particulier des développeurs), s’est déroulée à Shanghaï du 19 au 21 septembre.

L’an dernier, nous décrivions, au moment de dresser le bilan de la DevCon1, à Londres, une « ambiance qui [avait] pu rappeler l’excitation des premiers meetings « du net » des années 1990 ». Dix mois plus tard, si l’excitation est toujours là, la situation est quelque peu différente car la blockchain, méconnue des médias et des entreprises il y a un an, a depuis été l’objet de centaines et centaines d’articles (parfois jusqu’au trop plein) et car Ethereum, après avoir connu une croissance de l’ether vertigineuse, a subi avant l’été ses premières grosses turbulences avec l’affaire TheDAO.

Pour faire le bilan de cette DevCon2, Blockchain France s’est entretenu avec deux Français présents sur place, qui nous ont chacun livré les trois éléments qu’ils jugent les plus marquants de cet évènement.

Simon Polrot, fondateur du site Ethereum France

  • Un focus très important sur la sécurité

L’affaire TheDAO a très certainement bouleversé le programme initialement prévu pour cette DevCon. Parmi toutes les présentations (qui duraient le plus souvent entre 15 et 30mn), une quinzaine étaient spécifiquement dédiées à la sécurité des smart contracts et d’Ethereum. Le message clef: la Fondation Ethereum fait désormais de la sécurité une priorité essentielle, et consacre d’importants efforts en R&D. Ce focus sur la sécurité explique le relatif retard pris sur le développement du protocole Casper, sur lequel basculera Ethereum l’an prochain.

  • Sur le développement du réseau : web 3.0 et protocole Casper

Plusieurs présentations sont revenues sur le projet Web 3 (le passage du web 2.0, centralisé et ne respectant pas la privacy, à un web 3.0, décentralisé et sécurisé, répondant au besoin de privacy). L’idée est d’inclure la blockchain Ethereum dans un ensemble plus global dans lequel figure Swarm (un système de stockage décentralisé, qui permet de gagner des ethers en hébergeant des pages chez soi) et Whisper (un système d’envois de messages peer-to-peer).

source photo Ethereum France

Les équipes de Swarm ont par ailleurs présenté leurs avancées, et les équipes d’IPFS [projet assez similaire, plus avancé que Swarm] ont annoncé qu’elles allaient se plugger totalement sur Ethereum.

Par ailleurs, Vitalik Buterin a présenté en détail le protocole Casper et a annoncé qu’il devrait être mis en place d’ici juin 2017. Casper inclue le passage au proof-of-stake (par opposition au mécanisme du proof-of-work, utilisé par Ethereum actuellement, et qui constitue le mécanisme phare de Bitcoin), un temps de validation des blocs raccourci à 4 secondes environ, ou encore une validation des transactions par groupe de noeuds (les noeuds ne valideront plus l’intégralité des transactions).

  • Un focus entreprises

Il faut bien souligner qu’Ethereum est la communauté blockchain qui attire le plus les entreprises, du moins actuellement. De nombreuses entreprises sont donc venues présenter leurs solutions utilisant Ethereum dans une perspective business. Microsoft a par exemple présenté des applicatifs développés autour de noeuds Ethereum privés : leur service permet de développer un réseau Ethereum privé en quelques clics sur leur plateforme Azure.

Ces présentations ont surtout constitué une synthèse de ce qui avait été annoncé de façon éparse jusqu’ici : un certain nombre d’annonces avaient déjà été faites avant la DevCon.

Un dernier mot pour finir : même si l’écosystème Ethereum se professionnalise, cela reste une communauté. Personne ne se formalise de quoi que ce soit : il était possible d’aborder chacun facilement durant cette DevCon, ce qui était très appréciable.

Quentin de Beauchesne, fondateur et organisateur de la communauté CryptoFR

  • Le point marquant : le grand focus sur la sécurité

Sans hésitation. Beaucoup de travail a été fait sur le code même d’Ethereum pour qu’il soit le plus propre possible, et continuera d’être fait par la suite. La Fondation Ethereum évoque d’ailleurs la possibilité de passer à un langage différent et universel. Webassembly (en train d’être développé par W3C) a été évoqué pour remplacer le script actuel.

  • La communauté

Les choses se sont bien passées. L’ambiance est bien meilleure que ce qu’on peut voir en ligne. Les gens sont avides de connaitre les autres, les projets, de participer…J’ai vu qu’il y avait plusieurs personnes qui sont restées plus longtemps pour faire des hackathons Ethereum non-prévus à la base. Certains ont même déplacé leur avion pour rester. Ce sont de bons signes.

  • De nombreuses présentations de projets

Parmi toutes les présentations, j’en ai relevé deux en particulier :
– celle de Metamask, qui était peut-être une des meilleures présentations de cette DevCon. L’idée est de pouvoir utiliser Ethereum sur n’importe quel navigateur. Pour le moment il s’agit d’un plugin Chrome, mais Firefox, IE et Opera sortiront bientôt si ce n’est pas déjà fait.
Status.im que je ne connaissais pas. Il s’agit d’une app de chatbots qui permettent d’accéder à différentes applications d’Ethereum. C’est en quelque sorte Ethereum sur mobile : le but est de pouvoir utiliser ses applications directement sur ton smartphone (par exemple voter sur Augur sur l’application).

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Page d’accueil du site de Status.im


Le sujet Consensys

[Nb : Consensys est une entreprise qui fait construire de multiples applications décentralisées sur Ethereum. « Leurs projets fonctionnent de façon indépendante [à la façon d’un Rocket Internet], explique Simon. Leurs employés sont éparpillés partout dans le monde (au siège travaille à peine la moitié des salariés), et utilisent un Slack pour la communication inter-projets. »]

Simon et Quentin racontent tous les deux avoir été frappés par l’omniprésence de l’entreprise lors de l’évènement : « Ils sont venus à la DevCon à près de 90, dit Simon. C’est considérable. Je dirais que près de la moitié des projets présentés à la DevCon appartenaient à Consensys. » Quentin abonde : « C’était effectivement quelque chose de marquant, qui s’est remarqué dès le début et jusqu’à la fin. »

N’y-a-t-il pas un risque que Consensys phagocyte le sujet ? Pour Jérome de Tychey, autre Français présent lors de la DevCon2 et co-fondateur de l’association ethereum Asseth, le débat n’a pas forcément lieu d’être : Consensys permet grâce à son financement de développer de nombreux projets construits sur Ethereum qui auraient bien du mal à grandir sans, ce dont il faut se féliciter.

« Ils apportent effectivement des choses positives car ils peuvent faire avancer beaucoup de projets grâce à leurs fonds, estime de son côté Quentin. C’est tout de même eux qui ont fourni quasiment tous les meilleurs outils pour développer sur Ethereum. Pour autant, est-ce que leur puissance pourrait être une source d’inquiétude ? Oui, complètement. En fait, ils jouent un rôle positif aujourd’hui dans le développement d’Ethereum. La crainte repose plutôt sur l’avenir, sur la question de savoir s’ils ne vont pas trop phagocyter le marché. »

Pour aller plus loin :

  • Lire les comptes-rendus plus détaillés des trois journées sur le site d’Ethereum France (partie 1partie 2)
  • Voir le Storify de Nicolas Loubet

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