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Repenser la façon dont les startups lèvent de l’argent…et gagnent des utilisateurs

Mise à jour du 2 mai 2017 :
ICO (Initial Coin Offering) : c’est la grande tendance de ces derniers mois dans le milieu blockchain. Début avril, la startup Cosmos a ainsi levé en ligne 16 millions de dollars, en moins de…30mn, via une ICO. Il y a quelques jours, la startup Gnosis a battu un nouveau record de rapidité en levant $12 millions en l’espace de 12mn.
Au cours des 12 derniers mois, les startups de l’écosystème blockchain ont levé 2.4x plus d’argent grâce aux ICO que via les fonds de capital-risque classiques (330m$ contre 140m$). Et la tendance ne semble pas prête de s’arrêter…: plus de 300 ICO sont attendues au cours de l’année 2017, contre 64 réalisées l’an passé.
Alors que beaucoup parlent d’une révolution pour le monde du venture capital (VC), et que d’autres critiquent ce qu’ils considèrent être un effet de mode, nous vous invitons à (re)découvrir les principes des ICO et pourquoi cette méthode attire autant, grâce à notre article dédié, publié en décembre dernier :

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Ces derniers mois, il a été beaucoup question dans le monde de la blockchain d’un concept encore peu évoqué en France (hormis lors de l’affaire TheDAO), répondant au doux nom de ICO, pour Initial Coin Offering. Pour certains, rien de moins qu’un bouleversement pour le capital risque (« venture capital » en anglais, ou VC), le développement des start-ups, et au-delà…L’occasion de faire le point sur le sujet.

Qu’est-ce qu’une ICO ?

Il s’agit d’une forme très particulière de crowdfunding, appelée crowdsale. Concrètement, c’est une forme de financement participatif qui consiste à pré-acheter non pas un produit, comme c’est parfois le cas dans le crowdfunding classique, mais des actifs digitaux (intitulés « tokens », ou jetons, dans le monde de la blockchain). Les jetons créés sont achetables en échange d’un montant en cryptomonnaie ; ensuite, s’il existe suffisamment de demande, les plateformes d’échange de monnaies virtuelles vont créer un marché pour permettre le trading de ces jetons.

Cette crowdsale sert à financer le développement :

-soit d’une plateforme blockchain (comme Ethereum, dont la fondation avait levé en 2014 l’équivalent de 18 millions de dollars grâce à une crowdsale en bitcoins).

-soit d’une organisation qui est gérée sur la blockchain (comme le projet TheDAO, qui a levé l’équivalent de plus de 150 millions de dollars au printemps 2016, devenant ainsi le plus grand crowdfunding de tous les temps).

-soit d’une application décentralisée (appelée « Dapp ») qui fonctionne sur une plateforme blockchain.

« Certains entrepreneurs du milieu blockchain ont ainsi pu lever, via une ICO, des sommes plus importantes (avec bien moins d’efforts) que s’ils étaient passés par le marché du capital risque, raconte Travis Scher, investisseur au sein du Digital Currency Group, dans un post récent. En outre, la large distribution de tokens incite les premiers investisseurs à devenir des défenseurs, des utilisateurs ou des développeurs du projet financé.»

Source : Rapport CoinDesk 2016 Q3

En quoi est-ce important ?

« Cette nouvelle approche de financement, encore à ses débuts, est vue aussi bien comme un moyen de décentraliser et désintermédier le capital risque, de créer de nouvelles sources de financement pour les entrepreneurs, et d’offrir de nouvelles opportunités d’investissement pour les particuliers » écrit Travis Scher.

« C’est un changement absolument radical par rapport à ce qui se faisait auparavant », estime pour sa part sur son blog Albert Wenger, partner chez Union Square Ventures. Il prend l’exemple des protocoles : « historiquement, de nombreux protocoles clefs, comme TCP/IP et HTTP, sont nés du travail de chercheurs. La plupart des chercheurs qui ont créé les protocoles les plus utilisés aujourd’hui en ont tiré très peu de gains financiers directs. Avec le système de tokens, cependant, les créateurs d’un protocole peuvent le monétiser directement, et en tirer d’autant plus de bénéfices que d’autres construisent des business au-dessus de ce protocole ».

A quel problème en particulier répond les ICO ?

Elles permettent de renverser le problème dit de « l’effet de réseau », bien connu dans le monde numérique.

Illustration de l’effet de réseau (source Fred Ehrsam)

Celui-ci stipule que la valeur d’un réseau, pour un utilisateur donné, croît d’autant plus fortement que celui-ci comporte d’utilisateurs. Ainsi, la valeur de BlaBlaCar, peu après sa création, était relativement faible pour un utilisateur donné, puisque le site présentait alors peu d’offres de covoiturage ; désormais BlaBlaCar présente un maillage territorial très fin et une quantité d’offres très importante, ce qui rend le service très attractif pour les utilisateurs.

Comment réussir, dès lors, à inciter les internautes à rejoindre un nouveau réseau ? En donnant à chacun une partie de la propriété du réseau. Tout comme le capital dans une startup, il est plus intéressant de rejoindre le réseau tôt puisque vous avez plus de parts dedans. Les applications décentralisées rendent cette idée possible en payant leurs contributeurs avec leur tokens ; et ces tokens, qui constituent une partie du réseau, pourront valoir plus cher à l’avenir.

Illustration de l’effet de réseau inversé (source Fred Ehrsam)

A quoi cela servira-t-il concrètement ?

« Cela permettra à un réseau donné d’émerger bien plus facilement, écrit Fred Ehrsam dans un billet publié sur Medium. Les réseaux ont tenté toutes sortes de choses pour résoudre le problème de l’effet de réseau traditionnel : Reddit générait son propre contenu avant que les utilisateurs postent le leur sur la plateforme ; Facebook a aspiré la base des étudiants d’Harvard pour alimenter son réseau ; etc.

Bitcoin et Ethereum ont été les premiers à utiliser ce modèle décentralisé, pour faire démarrer des réseaux monétaires et transactionnels. Le même modèle est maintenant utilisé pour lancer d’autres réseaux.

Imaginez que ce modèle ait été utilisé au départ par Twitter, Reddit, Uber, etc, écrit Fred Ehrsam. En lieu et place d’une entreprise centrale gagnant de l’argent grâce à l’extraction de la rente du réseau créé, un protocole remplace l’opérateur central, et tous les créateurs et contributeurs au réseau en possèdent une part. Les contributeurs du réseau (tels que les chauffeurs Uber) ressemblent alors moins à des abeilles ouvrières et plus à des propriétaires du réseau dans lequel ils créent de la valeur.

Ce modèle d’entreprise décentralisée peut être décrit ainsi: X sans la nécessité de l’opérateur central X. Exemples : Uber sans le besoin d’Uber en tant qu’entreprise contrôlant le réseau de conducteurs et passagers. Reddit sans la nécessité de Reddit en tant qu’entreprise centrale créatrice et hébergeuse de plateforme. Facebook sans Facebook. Il y aura toujours, pour soutenir ces réseaux, des entreprises proposant des services à valeur ajoutée (par exemple, la vérification des antécédents de conducteur pour Uber) ; mais simplement, il n’y aura plus une seule entreprise qui possède le réseau. »

–> Lire la partie 2 de l’article : Illustrations et points de vue

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