Initial Coin Offering (ICO) définition et explication

Définition 

Une ICO (Initial Coin Offering) est une méthode de levée de fonds, fonctionnant via l’émission d’actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies durant la phase de démarrage d’un projet (définition de ICO Mentor).

Ces actifs numériques sont appelés tokens (jetons, en français). C’est pourquoi les ICO sont également appelées « token sales » (lire également : ‘Comprendre les tokens’).

Dans une premier temps, les tokens sont émis par l’organisation à l’origine de l’ICO, et peuvent être acquis par quiconque lors de l’ICO en échange de cryptomonnaie (le plus souvent, de l’ether ou du bitcoin).

Dans un second temps, ces tokens

  • sont vendables et achetables sur des plateformes d’échange, à un taux dépendant de l’offre et de la demande. Ils sont donc très liquides.
  • ont vocation à être utilisables dans le projet financé par l’ICO en question. Leur valeur est donc censée dépendre du service fourni in fine par l’entreprise à l’origine de l’ICO.

Notons bien que les tokens ne représentent pas des parts de l’entreprise, à la différence d’actions. Acheter des tokens lors d’une ICO revient en fait à pré-payer le produit ou le service appelé à être développé. Pour prendre un exemple fictif, le cas d’Air France : une IPO consisterait à acheter des actions d’Air France, une ICO serait pré-acheter les Miles.

Les porteurs d’un projet d’ICO garantissent que ces tokens seront rares. Le terme Initial est donc clef : il s’agit d’acheter ces tokens au tout début du processus, lorsque leur valeur est encore relativement faible.

Cette méthode incite fortement les participants de l’ICO à être investis dans le projet : ceux-ci ont en effet intérêt à ce que celui-ci devienne par la suite un succès, afin de pouvoir à terme utiliser les tokens acquis ou bien espérer en tirer une valeur financière supérieure à leur valeur d’achat. Ces early-adopters sont clefs pour la réussite espérée du projet.

Exemple concret

Storj, un service de stockage cloud décentralisé, a levé début 2017 l’équivalent de 30 millions de dollars via une ICO. Leur token, appelé Storjcoin, permet d’acheter de l’espace de stockage sur le réseau Storj, et inversement, de louer l’espace libre de votre ordinateur sur le réseau Storj en échange de Storjcoin. Si vous achetez ou obtenez des Storjcoin, vous pouvez ensuite soit acheter de l’espace sur le réseau, soit les garder dans une perspective de spéculation, soit les convertir dans votre monnaie nationale (1 Storjcoin = 1,31 dollars à l’heure d’écrire ces lignes).

Pour qui ?

  • Côté initiateurs des ICO : pour des créateurs d’applications blockchain ou de blockchains elles-mêmes

Le plus souvent, les ICO servent à financer le lancement d’applications décentralisées qui fonctionnent sur un protocole blockchain spécifique, en particulier Ethereum ou Bitcoin.

Parfois cependant, les ICO visent à financer directement des protocoles blockchain : ce fut par exemple le cas du protocole Tezos début juillet 2017, qui a levé l’équivalent de plus de 200 millions de dollars.

  • Côté investisseurs dans les ICO : pour quiconque (disposant de cryptomonnaie)

C’est pour cette raison que les ICO sont souvent appelées crowdsales : dans une logique similaire à celle du crowdfunding, n’importe quel internaute peut investir dans un projet initiant une ICO, à condition de posséder des cryptomonnaies. Pour investir, l’internaute échange le montant de cryptomonnaie qu’il souhaite contre des tokens, émis par le projet réalisant son ICO.

Pour quoi ?

  • Côté initiateurs des ICO : pour s’affranchir des contraintes des levées de fonds traditionnelles

Les ICO permettent aux lanceurs de projets de contourner le système classique de venture capital (capital-risque) qui n’aurait souvent pas permis de financer (autant) leur projet à un stade aussi précoce de développement. Les ICO, qui se concentrent sur les phases de démarrage des projets (d’où le terme Initial), sont en effet lancées lorsque le produit n’en est encore qu’à ses toutes premières étapes de développement (voire de prototypage). De nombreux projets ont ainsi pu lever des sommes considérables – plusieurs dizaines de millions de dollars, parfois même des centaines de millions – qu’ils n’auraient jamais pu lever avec des fonds de capital-risque traditionnels.

➤ Lire l’étude : Conseils pour créer et lancer son ICO (Initial Coin Offering)

  • Côté investisseurs : pour être les premiers à miser sur des projets très prometteurs

Deux principaux objectifs expliquent les mises des internautes-investisseurs dans les ICO : un objectif spéculatif (en faisant l’hypothèse que le token prendra de la valeur), et un objectif utilitaire (volonté d’utiliser à terme le token dans le cadre du projet financé). Les deux objectifs se rejoignent plus ou moins, puisque l’idée reste fondamentalement la même : miser sur un fort développement à venir du projet, qui permettra d’accroître mécaniquement la valeur du token acheté au départ (en raison de l’offre et de la demande). Dès lors, les possesseurs des tokens pourront soit les revendre à un taux bien plus avantageux que ceux de départ, soit utiliser ces tokens dont la valeur aura grimpée.

➤ Lire l’étude : 10 points clefs à regarder avant d’investir dans une ICO (Initial Coin Offering)

Les ICO : un changement de paradigme

Ce mécanisme bouscule les règles traditionnelles de l’économie numérique, en premier lieu l’effet de réseau, qui est au fondement du succès des plateformes comme Facebook, AirBnb, BlaBlaCar, etc. En renversant cet effet de réseau, il permettra à des services numériques d’émerger bien plus facilement.

Les ICO permettront également à des protocoles (comme le sont TCP/IP et Http pour Internet et le web) de se développer plus rapidement, et d’opérer un rééquilibrage radical en termes de captation de valeur. La valeur créée par les chercheurs à l’origine d’Internet et du web a été récupérée par les Google, Facebook, etc. : cette logique, ici, se renverse.

Les ICO font également tomber la barrière entre investisseurs professionnels (business angels ou VCs) et investisseurs particuliers. Tout un chacun peut miser sur des services jugés prometteurs.

➤ Lire l’article : En quoi les ICO constituent-elles un changement de paradigme ?

Les ICO : la première ‘killer app’ de la blockchain ?

Le mécanisme des ICO, ou token sales, est parfois considéré comme étant la première killer app de la blockchain : la première application qui verrait enfin les promesses de la blockchain se réaliser concrètement, pour le plus grand nombre. Néanmoins les ICO doivent plutôt être vus comme l’outil permettant d’accélérer considérablement le développement de killer app, ou plutôt « killer dApps » (une dApp étant une application décentralisée, dans le vocabulaire blockchain), sans avoir à passer par les étapes traditionnelles de levées de fonds.

Exemples d’ICO emblématiques

-Le projet Tezos (nouvelle blockchain qui pourrait concurrencer la blockchain Ethereum) est à ce jour l’ICO ayant levé le plus d’argent : l’équivalent de 232 millions de dollars. Il devance le protocole Bancor : 153 millions en seulement 3 heures.

➤ Voir l’article : Classement des plus grandes levées en ICO

-En avril, Cosmos (réseau visant l’interopérabilité entre les blockchains) a levé l’équivalent de 16 millions de dollars en moins de 30 minutes, et Gnosis (plateforme décentralisée de marché prédictif) 12 millions en 12 minutes.

-Citons également le projet Brave, créé par le fondateur de Mozilla, de Firefox et du langage Javascript, qui a levé en juin l’équivalent de 34 millions en moins de 30 secondes.

Deux précisions doivent être apportées à ces chiffres :

  • les projets ne lèvent jamais directement des montants en dollars ou des euros, mais bien des montants en cryptomonnaies. La juste formulation pour une levée en ICO exprimée en monnaies traditionnelles est donc ‘la startup a levé l’équivalent de x dollars’.
  • ces chiffres, bien que très impressionnants, ne doivent pas masquer les polémiques qui entourent certaines de ces ICO, critiquées pour être ‘cupides’. Les records de levées ne doivent pas être considérés comme des critères de réussite en tant que tels : certaines ICO plus discrètes médiatiquement sont plus saines (leur modèle est plus viable). Pour plus de précisions, voir le paragraphe ‘Le risque de profonds déséquilibres au moment de l’ICO…et par la suite’ dans notre étude sur les risques posés par les Initial Coin Offering.

Problématiques des ICO

Malgré leurs atouts considérables, les ICO présentent des risques aussi bien pour les investisseurs que pour les porteurs de projets. L’incertitude réglementaire est notamment au coeur des problématiques actuelles puisqu’il existe une sorte de vide juridique entourant les ICO, même si la Securities and Exchange Commission (SEC) aux USA a commencé à se pencher sur la question en affirmant que les tokens du projet TheDAO de 2016 auraient dû être considérés comme des securities.

➤ Lire l’étude : Quels risques posés par les ICO (Initial Coin Offering) ?

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