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Comprendre le web décentralisé

La dynamique de l’économie numérique actuelle est enrayée : jamais la centralisation du web n’a été aussi forte, au profit d’acteurs dont la surpuissance pose problème pour l’innovation elle-même. Les GAFA bénéficient en effet de multiples leviers qui sont autant de barrières à l’entrée pour les acteurs qui tenteraient de les concurrencer En France, les dix applications mobiles les plus consultées sur les magasins d’applications appartiennent désormais toutes aux GAFA.

Le web décentralisé, fondé sur les technologies blockchain, permet un retour de balancier après des années de centralisation où les GAFA se sont emparés du contrôle d’Internet.

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Comprendre la tokenisation

Qu'est-ce que la tokenisation

La « tokenisation » désigne le processus d’inscription d’un actif et de ses droits sur un token afin d’en permettre la gestion et l’échange en pair-à-pair, de façon instantanée et sécurisée sur une infrastructure blockchain (définition de Blockchain France).

Lire au préalable : Qu’est-ce qu’un token ?

La tokenisation peut concerner différents actifs, au-delà des applications du web décentralisé.

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Qu’est-ce qu’un token ?

Comprendre les tokens

Définition : Un token est un actif numérique émis et échangeable sur une blockchain (définition de Blockchain France). Cet actif présente plusieurs atouts clefs :

• Comme une cryptomonnaie, il peut être transféré sur Internet (sans duplication) entre deux parties en pair-à-pair, c’est-à-dire sans nécessiter l’intervention ou l’accord d’un tiers. Il possède également les autres caractéristiques d’une cryptomonnaie : infalsifiabilité, unicité, enregistrement des échanges dans un registre immuable, sécurité des échanges, etc.

• Il peut être créé par tout internaute.

• Il est personnalisé par son créateur, afin de pouvoir être utilisé dans une application décentralisée (du moins dans le cas des ‘tokens utilitaires’, par opposition aux ‘security tokens’ assimilables à des titres financiers). A ce titre, il peut représenter, par exemple, un droit d’usage d’un produit ou service blockchain ; un droit de vote ; un droit d’auteur ; un moyen de paiement ; une réputation ; ou encore, plus globalement une unité de valeur d’échange au sein d’une application décentralisé ou d’un écosystème donné.

• Il peut être vendable et achetable à tout moment, en particulier sur des plateformes d’échange à un prix fixé en temps réel par l’offre et la demande. Il est donc très liquide.

Techniquement, un token est créé par un smart contract, le plus souvent sur la blockchain Ethereum à l’heure actuelle. Par ailleurs, notons que les tokens sont au coeur du modèle des ICO (Initial Coin Offerings), ces levées de fonds en cryptomonnaies (lire notre article : Comprendre les ICO).

Exemples:

• Storj est un service de stockage cloud décentralisé qui n’est utilisable qu’en faisant usage d’un token appelé Storjcoin. Tout utilisateur peut louer l’espace libre de son ordinateur sur le réseau en échange de Storjcoin, et inversement peut acheter de l’espace de stockage sur le réseau Storj contre des Storjcoin. En résumé, lorsqu’un utilisateur achète ou reçoit des Storjcoin, il peut ensuite soit acheter de l’espace sur le réseau (à un coût censé être moindre qu’avec les services existants, et sans devoir placer ses fichiers chez un tiers de confiance), soit les garder dans une perspective de spéculation, soit les convertir dans sa monnaie traditionnelle (euro, dollar…).

• iExec est un projet franco-chinois qui vise à développer une place de marché décentralisée de la ressource de calcul (un « Airbnb du serveur » pour reprendre l’expression de son fondateur Gilles Fedak) : tout utilisateur, particulier comme professionnel, pourra louer la puissance de calcul inutilisée de son ordinateur ou de ses data centers sur le réseau, en échange de tokens iExec. Inversement, tout utilisateur pourra acheter de la puissance de calcul avec des tokens sans devoir payer pour l’infrastructure, celle-ci étant décentralisée.De multiples applications sont envisageables, notamment en intelligence artificielle, en recherche médicale, en cybersécurité, etc. Des entreprises, par exemple du secteur industriel, pourraient utiliser ce service lorsqu’elles ont besoin de plus de puissance de calcul lors de certains pics d’activité, sans devoir posséder le matériel le plus puissant qui soit.

La notion de tokens montre que les technologies blockchain n’ont pas toutes vocation, loin de là, à disrupter les systèmes monétaires existants. L’investisseur américain Chris Dixon dit ainsi « aimer ce terme de token parce qu’il souligne clairement la similarité avec un jeu d’arcade : vous vous y rendez, et au sein de ce jeu d’arcade, vous pouvez utiliser ces tokens. Ils ne visent pas le remplacement des monnaies traditionnelles, mais à être utilisé au sein de ce monde ». Dan Finlay, créateur de l’application blockchain Metamask, abonde en ce sens : « Ce qui est intéressant avec les tokens est le fait que nous programmons de nouveaux systèmes de valeur, qui n’ont pas à rassembler de la monnaie ».

Cet article est issu du rapport L’Age du web décentralisé de Clément Jeanneau, publié par la Fondation Digital New Deal en avril 2018.

Article suivant : La tokenisation : enjeux et usages

Pour comprendre simplement en vidéo les enjeux du web décentralisé, voir aussi le talk TEDx :

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L’Assemblée Nationale s’empare du sujet blockchain

Deux missions d’information liées aux technologies blockchain sont lancées par l’Assemblée Nationale.

● La première, présidée par le député Julien Aubert (LR), a été initiée le 14 février et est directement centrée sur les technologies blockchains. Ses deux co-rapporteurs sont Jean-Michel Mis (LREM) et Laure de La Raudière (Agir). Dans un entretien paru il y a quelques jours, Laure de La Raudière apportait plus de précisions : « Nous allons travailler pendant 6 à 7 mois. La mission étant portée par trois commissions permanentes (Commission de lois, Commission des finances et Commission des affaires économiques), nous aurons l’occasion de présenter le rapport trois fois et donc de toucher un bon nombre de parlementaires (210 députés en tout) ». La mission semble avant tout centrée sur les usages de la blockchain qui ne sont pas directement liés aux cryptomonnaies.

● La seconde, présidée par Eric Woerth (LR), sera lancée prochainement à la Commission des finances de l’Assemblée Nationale, et sera centrée sur les cryptomonnaies, ou cryptoactifs. Le rapporteur de la mission sera Pierre Person (LREM).

L’équipe de Blockchain France, dont certains des membres seront auditionnés au cours des deux missions, salue ces initiatives qui devraient permettre de sensibiliser un nombre important de parlementaires à ces technologies et d’aboutir à des recommandations.

Trois enjeux majeurs à traiter

Plus de deux ans après notre appel « La France ne doit pas rater la révolution blockchain » lancé en octobre 2015, nous ne pouvons que nous réjouir que les pouvoirs publics s’emparent désormais du sujet. Trois enjeux nous semblent particulièrement clefs à faire entendre :

1 – Si les usages des blockchains en tant que registres, pour lesquels il n’est pas nécessaire d’utiliser des cryptomonnaies, sont effectivement très prometteurs dans de nombreux domaines (logistique, propriété intellectuelle, etc.), il est essentiel de prendre conscience que l’innovation de rupture repose avant tout sur les cryptoactifs : ces derniers ouvrent la voie à de nouveaux modèles d’affaires, de nouveaux écosystèmes et de nouveaux champions. Vouloir favoriser les blockchains en adoptant par ailleurs des mesures (uniquement) répressives sur les cryptoactifs serait non seulement contre-productif, mais surtout dangereux pour l’attractivité de la France et sa place dans la nouvelle compétition internationale qui s’ouvre.

Pour encourager les talents à faire grandir l’écosystème blockchain français, il est essentiel que les pouvoirs publics adoptent un discours sur les cryptoactifs qui ne mette pas seulement en exergue leurs risques mais aussi les opportunités qu’ils ouvrent. C’est une condition nécessaire pour faire émerger des champions français tout en attirant les projets européens et mondiaux.

2 – La fiscalité des cryptoactifs est un point de blocage majeur pour le développement de l’écosystème blockchain français. L’adoption d’une réglementation fiscale à la fois plus juste et plus claire en la matière est une nécessité. S’agissant des gains réalisés en cryptoactifs par les particuliers, la France a aujourd’hui le régime le plus lourd d’Europe : chacun de nos voisins européens applique des régimes plus favorables (Royaume-Uni, Allemagne, Portugal, Pays-Bas, Belgique, Suisse, Luxembourg etc.). En conséquence, nous constatons dès aujourd’hui les départs de talents clefs de l’écosystème français vers l’étranger. Les entreprises, de leur côté, souffrent des plusieurs incertitudes existantes, en particulier en termes de comptabilité, qu’il est essentiel de lever. Plus globalement, les entrepreneurs ont besoin de pouvoir se projeter dans un environnement stable ; a minima, un discours politique plus favorable permet de lever certaines craintes.

3 – Ces technologies constituent également un enjeu de souveraineté. Cette question est parfois considérée sous le seul prisme de la localisation géographique des ‘mineurs’ mais ne devrait pourtant pas se limiter à ce sujet : aujourd’hui plusieurs protocoles blockchain, portés par différentes communautés, co-existent, et seront sans doute encore amenés à co-exister à l’avenir. Personne ne peut affirmer avec certitude à l’heure actuelle quels protocoles s’imposeront demain. A cet égard, il est trop tôt pour s’enfermer d’ores et déjà sur un protocole spécifique. Il est donc nécessaire de prendre du recul sur l’influence de certains acteurs qui cherchent avant tout à promouvoir leur protocole blockchain, aussi pertinent soit-il, auprès des pouvoirs publics. Nous serons particulièrement vigilants sur cette question qui nous semble aujourd’hui sous-estimée au regard de son importance.

Blockchain France est à la disposition des parlementaires qui souhaiteraient mieux comprendre ces technologies et leurs enjeux (contact@blockchainfrance.net).

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Cryptoactifs : le piège de la caricature

Crypto-actifs

Dans une tribune publiée dans Le Point, Clément Jeanneau, cofondateur de Blockchain Partner, appelle à la prise de conscience du potentiel des cryptoactifs et de l’opportunité qu’ils ouvrent pour la France et l’Europe, et à la nécessité d’une régulation équilibrée en la matière, afin de soutenir l’innovation plutôt que de la freiner.

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Tutoriel : comment déclarer ses gains en cryptomonnaies ?

Taxation gains bitcoin cryptomonnaies

Cet article fait suite à notre analyse « Fiscalité française sur les cryptomonnaies : un régime complexe et inadapté »

Avertissement

Ce tutoriel a pour objet de proposer une méthode de déclaration des plus-values tirées de cession de cryptomonnaies, parmi d’autres également envisageables. Il ne constitue pas une consultation fiscale (si vous avez besoin de conseils fiscaux, nous pouvons vous recommander des avocats fiscalistes spécialisés dans les cryptomonnaies : écrivez-nous à fiscalite@blockchainpartner.fr).

Fiscalité française sur les cryptomonnaies : un régime complexe et inadapté

Considérée juridiquement ni comme monnaie, ni comme instrument financier, ni comme valeur mobilière, la cryptomonnaie ne répond à aucune qualification préétablie. Le régime fiscal actuellement applicable apparaît donc précaire et inadapté.

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Pourquoi les ICO préfigurent la naissance d’un nouveau web

Initial Coin Offering

Dans un article d’opinion publié dans La Tribune, Clément Jeanneau, cofondateur de Blockchain France et d’ICO Mentor, analyse le phénomène des Initial Coin Offering (ICO). Extraits ci-dessous :

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Blockchain et Droit: Code is deeply Law

Simon de Charentenay

Le droit parviendra-t-il à réglementer la blockchain ? Pourquoi les juristes devraient-ils s’intéresser à cette technologie ? En quoi, alors que la blockchain semble être un outil technique avant tout, peut-on parler d’un processus éminemment politique ?

Pour aborder ces sujets passionnants et encore trop peu traités aujourd’hui, Blockchain France ouvre ses colonnes à Simon de Charentenay, fondateur d’Openflow, maître de conférences en théorie du droit, avocat (omis) du barreau de Montpellier, pour un article d’opinion, construit en trois actes…:

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Blockchain, logistique et supply chain : panorama des possibilités

supply-chain-logistique-blockchain

Agroalimentaire, commerce international, luxe, vins, industrie pharmaceutique, immobilier et bâtiment, aéronautique, automobile…Les secteurs dans lesquels la blockchain peut améliorer la logistique et supply chain sont très nombreux. Nous vous en proposons un tour d’horizon, composé d’extraits de l’étude complète réalisée par Blockchain Partner (accessible ici Supply chain, traçabilité & blockchain) :