The DAO

Définition d’une DAO

Une DAO (Decentralized Autonomous Organization) est une organisation décentralisée dont les règles de gouvernance sont automatisées et inscrites de façon immuable et transparente dans une blockchain. (définition de Blockchain France)

 « C’est une forme d’organisation incorruptible qui appartient aux personnes qui ont aidé à la créer et à la financer, et dont les règles sont publiques. » détaille Stephan Tual, co-créateur du projet TheDAO (voir plus bas). « Il n’y a donc pas besoin de faire confiance à qui que ce soit, car tout est dans le code, auditable par chacun. »

Pour fonctionner, une DAO a recours à des smart contracts, ces programmes autonomes qui exécutent automatiquement des conditions définies à l’avance (lire notre article d’explication sur les smart contracts pour des exemples concrets).

Qu’apporte une DAO ?

Une DAO apporte 3 éléments nouveaux par rapport à une entité traditionnelle, comme l’explique Simon de la Rouviere (du projet blockchain Consensys) dans un post :
– Une DAO ne peut pas être arrêtée ou fermée.
– Aucune personne ou organisation ne peut contrôler l’entité (personne ne peut manipuler les chiffres, par exemple).
– Tout y est transparent et auditable, dans un cadre supranational.

Il s’agit donc d’une organisation globale qui est ouvert à tous, qui ne s’appuie sur aucune juridiction, fonctionnant avec du code informatique, et où personne ne peut frauder.

« TheDAO », le premier exemple de DAO

Le projet « TheDAO », créé en 2016 à l’initiative de l’équipe de la start-up blockchain Slock.it, constitue l’exemple plus célèbre à ce jour d’un tel type d’organisation. « Le but de « TheDAO » est d’être une expérience avant tout. C’est un type d’organisation atypique qui n’est pas adapté à toutes les situations, mais qui est une application concrète de la situation de « trustlessness », cet environnement où la confiance n’est pas nécessaire, créée par la blockchain » expliquait à sa création Stephan Tual. TheDAO fonctionnait avec la blockchain Ethereum.

La fonction du projet TheDAO était triple : évaluer des projets qui lui sont soumis ; décider collectivement avec les détenteurs de jetons de la DAO de financer ou non ces projets ; distribuer les risques et récompenses qui y sont relatifs.

TheDAO était constituée d’une part des détenteurs de jetons qui constituent les « actionnaires » de la DAO, et d’autre part des prestataires. Les premiers participaient à la création de la DAO, investissent de l’argent en échange de jetons, et constituaient la base de la DAO. Les seconds étaient ceux qui devaient ensuite soumettre des projets à la DAO et demander du financement.

TheDAO se plaçait à la croisée du crowdfunding, du fond d’investissement et de la fondation.

Parties prenantes d'une DAO
Les parties prenantes de TheDAO

Lors de sa « crowdsale », TheDAO était devenu en 2016 la plus grande campagne de crowdfunding de tous les temps, en dépassant les 160 millions de dollars levés en près de quatre semaines. Mais le 17 juin 2016, The DAO a été victime d’une attaque de grande ampleur (un hacker a profité d’une faille dans le code) qui a conduit à l’arrêt de son développement. The DAO a donc été une (courte) expérimentation ayant mis en lumière les défis qui restent à résoudre pour que ce type d’organisation puisse prospérer (pour aller plus loin : une tribune de la chercheuse Primavera de Filippi sur les leçons de l’affaire TheDAO).

Et depuis…

(Ajout août 2017) L’impact de l’affaire TheDAO sur le monde de la blockchain a été profond ; personne ne l’a oublié dans l’écosystème. TheDAO a eu comme principale conséquence de mettre en lumière, pour les porteurs de projets blockchain, l’importance vitale de la sécurité et de l’audit du code. Dans les mois suivants l’affaire, la sécurité est devenue, encore plus qu’auparavant, la priorité n°1 des développeurs clefs d’Ethereum. L’affaire a indéniablement refréné l’excitation autour des projets de DAO. En réalité, l’excitation s’est plutôt portée au cours des mois suivants, et plus-que-jamais aujourd’hui, sur le concept d’Initial Coin Offering (ICO), cette méthode de levée de fonds considérée par beaucoup comme la première ‘killer app’ de la blockchain.

A l’été 2017, la SEC (Securities and Exchange Commission) aux Etats-Unis a annoncé dans un communiqué que les jetons (‘tokens’) du projet TheDAO aurait dû être considérés comme des securities, c’est-à-dire comme des actions, étant donné qu’ils avaient pour but d’apporter un gain financier aux investisseurs. En conséquence, les projets du même type devront désormais se conformer à la réglementation américaine, et donc en particulier aux exigences de KYC (Know Your Customers), au risque sinon d’être illégaux.


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(4 commentaires)

  1. Bref la DAO c’est la routine de base du Terminal or, soit disant incorruptible jusqu’à l’épisode 3 ou la femme terminator corrompt Arnold. Un moyen de plus de se dédouaner des dommages collatéraux…

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