Pour plusieurs experts du marché, le Bitcoin est un actif largement sous-évalué. L’un d’entre eux est Samson Mow, PDG de JAN3. Bernstein, une entreprise d’investissement, estime que le prix du Bitcoin grimpera à 200 000 $ d’ici 2025. La reine des crypto-monnaies a encore un énorme potentiel inexploré, notamment dans des domaines tels que le staking. Cependant, les difficultés de sécurité et de réglementation compromettent sérieusement l’éventualité d’un Bitcoin à 1 million de dollars.
L’adoption par les grandes entreprises, la facilité d’utilisation, la définition d’un cadre réglementaire international et et la dynamique de l’offre et de la demande font partie des facteurs qui conditionnent le Bitcoin à un million USD.
Sommaire
Adoption par les grandes entreprises
En adoptant le Bitcoin, les grandes entreprises déjà bien établies lui confèrent une crédibilité que la toute première crypto peine encore à gagner. Ce serait un partenariat gagnant-gagnant puisque ces entreprises pourraient considérablement améliorer leurs opérations en adoptant des paiements décentralisés.
Le marché des jeux d’argent en ligne était l’une des premières à avoir compris le potentiel du Bitcoin, notamment pour les paiements transfrontaliers à frais réduits. Désormais, le casino bitcoin en ligne permet aux joueurs d’effectuer des dépôts et retraits rapides à des frais battant toute concurrence. Les casinos peuvent maintenant accepter des paiements de joueurs situés partout sur la planète. Cette nouvelle niche leur permet d’augmenter leur chiffre d’affaires en même temps qu’ils étendent leurs offres.
Même dans des secteurs où les paiements en Bitcoin ne sont pas une nécessité absolue, on constate un engouement pour cette monnaie numérique. David Gokhshtein, PDG de Gokhshtein Media s’est dit intéressé par le Bitcoin et l’Ethereum. Il avoue d’ailleurs en accumuler autant que possible en soulignant que des institutions accumulent discrètement des cryptoactifs. À ce sujet, il déclare : « Les institutions et les teneurs de marché ont fait un travail phénoménal pour effrayer notre industrie pendant qu’ils accumulent autant de Bitcoins et d’Ethereums que possible. »
MicroStrategy, une société d’intelligence logicielle, fait partie de ces institutions. Son projet d’achat et de détention de bitcoins a débuté en 2020. C’était un changement de stratégie pour une entreprise qui voyait les revenus générés par son activité de logiciels diminuer. Depuis, MicroStrategy n’a pas cessé d’accumuler des bitcoins. Après l’achat de 18 300 bitcoins entre le 6 août et le 12 septembre à un prix moyen de 60 408 $ par pièce, MicroStrategy est désormais détentrice d’un portefeuille de 244 800 bitcoins. Depuis le début de l’année, les actions de MicroStrategy ont plus que doublé en 2024, dans un contexte où le Bitcoin a gagné près de 31 %.
Metaplanet, une société japonaise cotée en bourse qui assiste les entreprises dans l’adoption du Bitcoin, a considérablement augmenté ses avoirs avec une acquisition récente de 38,6 bitcoins pour 2,2 millions USD. En tout, elle détient désormais 398,8 BTC qui valent environ 27,6 millions de dollars. Comme MicroStrategy, Metaplanet a utilisé la dette pour acquérir des bitcoins sans liquider les actifs existants. Cette astuce permet aux entreprises de tirer parti du Bitcoin pour booster la croissance en préservant leur base d’actifs actuelle.
La raison de cette accumulation est bien sûr de faire de gros profits sur le long terme. Ces institutions qui achètent discrètement du Bitcoin auraient-elles des informations que les autres n’ont pas ?
Pendant que certaines visent les profits, d’autres visent l’efficacité dans leurs opérations. C’est le cas de Hivemapper, un projet de cartographie décentralisée. Il aurait attiré l’attention de John Divine, responsable du trading OTC chez BlockFills. Ce dernier déclarait d’ailleurs : « Hivemapper essaie vraiment de créer un Google Maps décentralisé ».
Onedegree, un assureur asiatique sur actifs numériques, est entré en partenariat avec Dubaï Insurance afin de proposer une assurance contre les risques de garde des actifs numériques. Le nouveau produit s’adresse aux clients des Emirats Arabes Unis. Il est déjà disponible auprès des deux géants de l’assurance, après avoir reçu l’approbation de la Banque centrale des Émirats arabes unis.
Robin Scott, directeur général de Onedegree pour le Moyen-Orient, a déclaré : « Les Émirats arabes unis n’ont fait que renforcer leur position en tant que pôle d’actifs numériques depuis notre entrée sur le marché l’année dernière. Des centaines d’entreprises s’installent dans les Émirats et cherchent à obtenir des licences clés. Pour cela, elles ont besoin de polices d’assurance solides et adaptées. C’est fantastique que nous soyons désormais en mesure d’offrir la gamme complète de produits d’actifs numériques Oneinfinity à ces entreprises inspirantes ».
Amélioration de la facilité d’utilisation
Pour atteindre le million de dollars, le Bitcoin doit devenir bien plus qu’une simple réserve de valeur. Il doit se transformer en produit de consommation grand public. Il doit également devenir un moyen d’échange et une unité de compte plus fonctionnels. En France et dans plusieurs autres pays, l’adoption du Bitcoin et d’autres crypto-monnaies est en hausse d’une année à l’autre.
Le Bitcoin a une offre limitée à 21 millions de pièces. Cette caractéristique en fait une bonne option pour la réserve de valeur. C’est d’ailleurs dans cette optique que la plupart des investisseurs acquièrent du Bitcoin. C’est contraire à l’objectif des fondateurs de la première crypto-monnaie puisque ces derniers souhaitaient mettre sur pied un moyen de paiement qui ne serait pas contrôlé par des acteurs centraux. En outre, la nature Proof-of-Work (PoW) de la Blockchain Bitcoin rend les transactions plus coûteuses qu’avec d’autres cryptos.
Heureusement, des projets tels que le Lightning Network contribuent à améliorer les délais de transaction en bitcoin. Grâce au Lightning, le Bitcoin devient plus utilisable dans les transactions quotidiennes. En permettant des paiements plus rapides et moins chers, le Lightning Network pourrait aider le Bitcoin à se développer et à être plus largement accepté comme moyen de paiement.
Le Salvador est le seul pays au monde où le Bitcoin a cours légal. Autrement dit, vous ne pouvez pas refuser un paiement en bitcoins dans le pays. Bien sûr, l’implémentation technique de cette politique rencontre des difficultés. Mais l’économie du pays a connu une amélioration quelque temps après l’annonce de cette décision. La croissance est repartie à la hausse, portée par l’industrie du tourisme. En effet, Le Salvador a attiré des détenteurs de bitcoins désireux de dépenser leur argent sans contraintes.
Ce n’est pas demain qu’on verra le Bitcoin avoir cours légal aux États-Unis, dans l’Union européenne ou encore dans les grandes économies Asiatiques. Pourtant, c’est bien ce qu’il faudrait pour que le Bitcoin s’envole à un million de dollars. En plus, une adoption généralisée comme moyen d’échange nécessitera des améliorations dans l’écosystème Bitcoin, telles que des portefeuilles conviviaux, une meilleure efficacité des transactions et des frais de réseau plus stables.
Mettre en place une infrastructure qui permet de tout acheter avec des bitcoins n’est pas la meilleure façon d’exploiter le potentiel de cette monnaie numérique. Il serait plus efficace d’installer les infrastructures qui permettent de l’utiliser pour les transactions et les transferts de fonds transfrontaliers. En effet, le Bitcoin a également le potentiel de révolutionner les paiements et les transferts de fonds à l’international.
Pour le moment, les principaux acteurs du marché sont des institutions traditionnelles telles que les banques ou encore Western Union et MoneyGram. Cependant, elles appliquent des frais élevés et leurs délais de transaction sont longs. L’utilisation du Bitcoin peut considérablement accélérer les transferts de fonds tout en permettant aux utilisateurs de bénéficier de frais réduits.
Le Bitcoin est déjà utilisé de cette manière dans plusieurs pays. Mais ça reste assez marginal comparé au volume mondial de transactions financières. Pour atteindre un Bitcoin à un million de dollars, il faut impliquer les acteurs majeurs du transfert de fonds à l’international dans le processus. Plutôt que de créer de nouvelles entreprises, il faut travailler avec celles qui existent déjà et que le grand public connaît déjà. Cette stratégie consoliderait davantage le rôle du Bitcoin en tant que monnaie mondiale, améliorant ainsi sa proposition de valeur.
Considérations réglementaires
Ce 12 septembre au Royaume-Uni, le ministère de la Justice a introduit un projet de loi qui reconnaît les actifs numériques comme biens personnels. Heidi Alexander, chef de ce département ministériel, a lui-même dirigé le projet. Celui-ci vise à protéger les détenteurs d’actifs numériques en cas de fraude ou de litiges. Le Royaume-Uni, qui est le second pays d’Europe avec le plus grand nombre de détenteurs de crypto-monnaies, fait ainsi un bond en avant significatif dans la régulation mondiale des actifs numériques.
Désormais, au Royaume-Uni, le Bitcoin et les autres crypto-monnaies, ainsi que les jetons non fongibles ou NFT ont valeur de biens personnels. Leur vol ou leur détournement est donc désormais soumis aux mêmes lois que les autres biens. Ce changement réglementaire facilite la tâche à la justice qui saura désormais comment punir les coupables.
En Europe, l’entrée en vigueur du MiCA facilitera également la protection des investisseurs. Si d’autres pays rejoignent ce mouvement, on pourrait voir le prix du Bitcoin grimper significativement dans les prochains mois. Un environnement réglementaire favorable renforcerait considérablement les chances du Bitcoin d’atteindre le million de dollars sur le long terme.
Les États-Unis, qui montrent souvent la voie à suivre, semblent plutôt hostiles à l’expansion des crypto-monnaies et de leurs utilisations. Cela dit, en janvier de cette année, le pays a accordé pour la première fois de son histoire des approbations pour la création et l’exploitation d’ETF Bitcoin au comptant. Pourtant, depuis 2012 que la première demande a été introduite, les autorités de régulation américaines ont toujours été contre. Cette fois, des poids lourds de la finance tels que BlackRock, Invesco et Fidelity Investments faisaient partie des demandeurs.
Gary Gensler, le président de la SEC, l’autorité de régulation aux États-Unis, avait déclaré : « Bien que nous ayons approuvé la cotation d’ETF en bitcoin aujourd’hui, nous ne soutenons pas le bitcoin. Les investisseurs doivent rester prudents face à la myriade de risques associés au bitcoin et aux produits dont la valeur est liée aux cryptos ». Cette mise en garde musclée met encore une fois en exergue la mauvaise volonté des autorités américaines à établir un cadre d’épanouissement de l’industrie crypto.
Cependant, cela n’empêche pas aux 12 ETFs Bitcoin au comptant autorisés dans le pays à faire des profits. En effet, les données de sosovalue.xyz ont montré qu’ils ont eu des entrées d’un montant total estimé à 116,96 millions de dollars mardi. Battant tous les autres, FBTC de Fidelity a enregistré des entrées à hauteur de 63,16 millions de dollars, suivi par le Mini Bitcoin Trust de Grayscale avec 41,13 millions de dollars. ARKB d’Ark Invest et 21 shares ferment le top 5 avec 12,68 millions de dollars d’entrées.
Avec ces nouveaux investissements, les ETF Bitcoin au comptant enregistrent des entrées nettes estimées à 17,04 milliards de dollars depuis leur création le 11 janvier. Collectivement, les 12 fonds détiennent maintenant 52,2 milliards de dollars en BTC, soit l’équivalent de 4,59 % de la valeur totale du marché du bitcoin.
Le succès que les grands noms de la finance rencontrent dans leurs investissements sur Bitcoin pourrait accélérer la mise sur pied d’une réglementation globale. Mais pour ça, il faut que les bénéfices suivent. En attendant, il faut absolument éviter les mesures réglementaires hostiles. Certains pays considèrent le Bitcoin comme une menace pour leur système monétaire. La Chine, par exemple, a réprimé l’exploitation minière et le commerce du Bitcoin ces dernières années.
Dynamique de l’offre et de la demande
Grâce au projet Babylon, le staking sera désormais possible sur la Blockchain Bitcoin. Cette perspective a boosté les utilisateurs qui se sont précipités pour acheter des BTC dans la perspective de faire des profits sur un potentiel APY élevé à l’avenir. Grâce à Babylon, les détenteurs de bitcoins auraient désormais un moyen sûr de faire des profits sur leurs avoirs.
Pour son lancement test, Babylon a plafonné le staking de Bitcoin à 1000 BTC. Tout de suite après, les frais de transactions ont été multipliés par 100 à cause de l’affluence des utilisateurs se disputant une participation anticipée.
Samson Mow, le PDG de Jan3, une entreprise qui crée des solutions pour faciliter l’accès au Bitcoin dans le monde, pense que le potentiel de cette crypto est largement sous-estimé. Il a déclaré : « Il y a tellement peu de bitcoin en circulation que vous ne pouvez même pas doubler vos avoirs en tant que grande entité à ce stade ». Pour lui, l’offre est largement inférieure à la demande, ce qui devrait causer une très importante hausse du prix du Bitcoin. Il pense d’ailleurs qu’un bitcoin vaudra un million de dollars d’ici la fin d’année. Il a doublé sa mise sur cette prédiction il y a quelques jours.
D’après Cathie Wood, d’Ark Invest, le Bitcoin connaît des variations cycliques de 77 % ou plus. D’après ses analyses, si le Bitcoin atteint un nouveau pic à 200 000 $ d’ici la fin de 2025, il pourrait retomber à 40 000 $ en 2028 d’ici le prochain halving. Enfin, pour que le Bitcoin atteigne 1 million de dollars d’ici 2030, Cathie Wood a calculé qu’il doit générer des rendements annualisés de 75 % ou plus.
