Deblock lève 30 millions d’euros : la banque euro et la crypto se fondent dans un seul avenir

Accueil » Blog » Deblock lève 30 millions d’euros : la banque euro et la crypto se fondent dans un seul avenir

La fintech française Deblock vient de franchir une étape majeure en annonçant une levée de 30 millions d’euros en série A, destinée à propulser sa plateforme de “banking on-chain” à l’échelle européenne. Ce financement, mené par Speedinvest avec le soutien de CommerzVentures, Latitude et d’autres investisseurs, marque un tournant pour celle qui veut réconcilier les euros et les crypto-actifs, sans compromis.

Le pari d’une banque hybride

Deblock propose un modèle un peu fou, mais pourtant très concret : un compte courant en euros relié à un wallet crypto en auto-custodie. En clair, les utilisateurs gèrent leurs euros et leurs actifs numériques dans une seule application, tout en gardant la main sur leurs clés privées.

La startup s’inscrit dans un écosystème plus large où l’usage des cryptomonnaies s’étend à des univers variés y compris celui du crypto casino, un type de plateforme de divertissement en ligne qui mise sur la transparence de la blockchain pour offrir des transactions plus rapides, sûres et anonymes.

Cette proximité technologique éclaire d’ailleurs la philosophie de Deblock qui est de combiner la simplicité du banquier classique avec la force décentralisée du web3. L’application permet ainsi de payer en euros, d’investir, d’épargner via des “Vaults” inspirés de la DeFi et même d’accéder à des services décentralisés, sans jamais céder le contrôle de ses avoirs.

Une ambition européenne qui se dessine

Avec ce nouveau tour de table, Deblock ne se contente pas de rester en France. L’entreprise vise une expansion européenne rapide, avec l’Allemagne en ligne de mire. Berlin ou Francfort sont déjà dans le viseur, car le pays dispose d’un écosystème fintech solide et d’un cadre réglementaire favorable.

Ce choix n’est pas anodin, car en combinant son modèle “euro + crypto” à un déploiement international, Deblock veut devenir un acteur de référence de la “finance on-chain” dans toute l’Europe. Et avec 300 000 utilisateurs déjà inscrits depuis son lancement en avril 2024, le momentum est clair.

Un soutien de taille et une régulation en règle

Le tour de financement a été conduit par Speedinvest, un investisseur très actif en fintech, avec la participation notable de CommerzVentures et Latitude, ainsi que de certains investisseurs déjà présents comme Kraken Ventures. Mais plus significatif encore : Deblock n’évolue pas en marge des règles. La fintech est agréée “Établissement de monnaie électronique” (EMI) par la Banque de France et a obtenu une licence MiCA (Markets in Crypto-Assets Regulation) délivrée par l’AMF. Cette conformité réglementaire renforce sa crédibilité et rassure un public large, au-delà des seuls “early adopters” de la crypto.

Une expérience utilisateur qui tient ses promesses

Ce qui rend Deblock particulièrement séduisante, c’est la promesse d’un service clé en main qui n’oblige pas l’utilisateur à jongler entre plusieurs applis ou plateformes crypto.

  • Paiements du quotidien : possibilité de faire des virements, des paiements en euros, avec IBAN et carte liée ;
  • Épargne et rendement : grâce aux “Vaults”, les utilisateurs peuvent placer leurs euros dans des protocoles DeFi et générer des rendements (jusqu’à 6 % selon Deblock), tout en retirant à volonté.
  • Autonomie sur les actifs : la clé privée reste entre les mains de l’utilisateur, ce qui limite les risques liés à la garde des actifs sur des plateformes tierces.
  • Accès à la DeFi : sans quitter l’app, les clients peuvent interagir avec des protocoles décentralisés, comme Morpho et Yield.xyz, simplifiant grandement l’accès aux services de finance décentralisée.

Cette approche intégrée transforme l’expérience utilisateur : plus besoin de multiplier les applications, de jongler avec des mots de passe ou de craindre les délais de transfert. Tout se concentre dans une interface unique, sécurisée, pensée pour accompagner chaque geste financier avec clarté et fluidité.

Expansion, adoption et défis

Si le chemin semble bien tracé, Deblock devra néanmoins relever plusieurs défis de taille :

  1. Croissance européenne : réussir son implantation en Allemagne et au-delà implique de localiser ses services, recruter et adapter sa plateforme aux spécificités réglementaires et culturelles.
  2. Sécurité et confiance : en combinant euros et crypto, la barre est haute. Les utilisateurs attendent une sécurité de niveau bancaire, mais aussi la flexibilité et le contrôle qu’ils associent à la self-custody.
  3. Éducation des utilisateurs : pour beaucoup, le passage d’une banque traditionnelle à une solution “on-chain” est un saut technologique. Deblock devra continuer à simplifier l’expérience, tout en sensibilisant à la notion de clés privées, de wallet non custodial, etc.
  4. Scalabilité technique : gérer des transactions en euro, des échanges crypto et des rendements DeFi, le tout dans une app fluide, n’est pas simple. L’équipe doit alors arriver à garder l’équilibre entre innovation et robustesse.
  5. Cadre réglementaire mouvant : l’Europe avance sur les textes liés aux actifs numérique et Deblock devra anticiper ces évolutions sans perdre sa rapidité d’exécution. Naviguer dans un environnement légal encore en mouvement exige une vigilance constante.

Au fond, ces obstacles dessinent aussi les contours d’une ambition : devenir une passerelle crédible entre deux mondes longtemps opposés. Si Deblock parvient à maintenir cette trajectoire, l’entreprise pourrait bien devenir l’un des acteurs qui redéfinissent la façon dont les Européens appréhendent leur argent – qu’il soit en euros, en crypto… ou un peu des deux.

Un moment charnière pour la fintech européenne

La levée de fonds de Deblock arrive à un moment stratégique. Le secteur de la fintech “crypto-banking” se densifie : plusieurs startups rivalisent pour proposer des ponts entre les monnaies traditionnelles et les actifs numériques. Cependant, peu d’acteurs sont aussi complets que Deblock. Car l’entreprise ne mise pas uniquement sur l’épargne ou l’investissement, mais bien sur une expérience bancaire quotidienne. Ce positionnement pourrait lui donner une lourde carte à jouer dans le futur de la finance européenne.

En outre, la conformité réglementaire – via la licence de monnaie électronique et la licence MiCA – confère à Deblock une assise solide, qui pourrait rassurer non seulement les clients particuliers mais aussi des partenaires institutionnels.

Le pari d’un futur “on-chain” banalisé

Si Deblock réussit, ce ne sera pas seulement parce qu’elle a levé 30 millions ; ce sera parce qu’elle aura fondé une offre qui parle à la fois aux néophytes et aux passionnés et prodiges de la crypto. Elle pourrait normaliser l’usage des cryptos dans le quotidien, loin des casse-têtes techniques ou des plateformes risquées.

Et au-delà de l’usage, ce qui se joue, c’est une vision : celle d’une finance où l’utilisateur a réellement la main, où le fiat et le digital asset coexistent sans problème et dans laquelle la DeFi se déploie dans une app accessible, réglementée et familière.

En tissant cette trame, la fintech pourrait bien incarner l’un des visages de la finance de demain qui n’est pas une utopie, mais une proposition crédible, pragmatique et résolument tournée vers l’utilisateur.