Les cabinets d’avocats américains s’empressent d’avertir leurs clients que les conversations avec les chatbots IA peuvent ne pas rester privées une fois qu’une affaire est portée devant les tribunaux.
L’urgence fait suite à une décision rendue en février par le juge Jed Rakoff à New York, qui a statué que Bradley Heppner, l’ancien président de la société de services financiers en faillite GWG Holdings, devait remettre 31 documents générés par Claude d’Anthropic aux procureurs fédéraux poursuivant des accusations de fraude en matière de valeurs mobilières et de fraude électronique.
Rakoff a constaté qu’aucune relation avocat-client n’existait entre un utilisateur et Claude et que toute confidentialité était levée en partageant des informations avec la plateforme.
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Les cabinets d’avocats commencent à inscrire l’avertissement dans les contrats clients
Reuters a rapporté que plus d’une douzaine de grandes entreprises américaines ont depuis publié des avis invitant leurs clients à être prudents dans les discussions juridiques impliquant des chatbots tels que Claude et ChatGPT. Certaines entreprises sont allées plus loin et ont intégré ces avertissements directement dans les accords de mission.
La société new-yorkaise Sher Tremonte, par exemple, a déclaré dans un récent contrat client que la divulgation de communications privilégiées à une plate-forme d’IA tierce pouvait lever le secret professionnel de l’avocat.
C’est un changement significatif. Ce qui, il y a quelques mois, était essentiellement une mise en garde interne de la part des avocats est désormais formalisé dans les documents des clients.
Une décision, mais un signal juridique plus large
La décision Rakoff n’est pas la seule opinion judiciaire sur la question. Le même jour, un juge d’instance du Michigan a estimé que les conversations ChatGPT d’un plaignant professionnel pouvaient être traitées comme un produit de travail personnel et ne devaient pas être produites. Pourtant, les conseillers juridiques semblent considérer l’affaire new-yorkaise comme le signal d’alarme le plus important pour le moment.
Le problème le plus profond n’est pas vraiment l’IA elle-même. C’est la confidentialité. Comme l’a noté Reuters, Anthropic et OpenAI déclarent dans leurs conditions que les données des utilisateurs peuvent être partagées avec des tiers, y compris des autorités gouvernementales dans certaines circonstances. Pour les avocats, cela donne à l’ancienne règle une nouvelle pertinence. Ne discutez de votre cas avec personne sauf votre avocat, et cela inclut désormais le chatbot.
