Depuis la création de la première crypto-monnaie en 2009, beaucoup d’autres ont vu le jour, apportant des innovations inattendues. La première décennie a surtout été marquée par de nombreux scandales tels que des fraudes massives. Cependant, il y a également eu des investisseurs heureux puisque les prix de plusieurs cryptos majeures ont explosé. La seconde décennie est marquée par la recherche d’une réglementation et la mise sur pied des technologies pour mieux protéger les détenteurs.
D’ici 2030, acheter et utiliser des crypto-monnaies pourrait être aussi commun qu’obtenir une carte bancaire pour ses dépenses.
Sommaire
L’amélioration de l’offre des crypto-monnaies
Bitcoin qui est la toute première crypto-monnaie de l’histoire a vu le jour en 2009. Depuis, près de 26 000 crypto-monnaies ont vu le jour avec différents objectifs. Mais ces cryptos dans leur grande majorité sont désormais hors circuit, n’ayant pas assez d’utilisateurs. Aujourd’hui, presque chaque semaine, de nombreuses cryptos sont lancées sur le marché. Vous pouvez suivre la crypto actu sur Actufinance pour rester au courant des nouveaux projets crypto et leur degré de rentabilité. Certains restent sur le marché et créent l’innovation attendue tandis que d’autres disparaissent quelques mois après leur lancement.
Les porteurs de projets crypto doivent améliorer leurs offres, afin que toute nouvelle crypto soit une véritable innovation et non un simple moyen de lever des fonds. En ce moment, une niche porteuse est en train de voir le jour ; c’est celle des crypto IA. Le potentiel des deux technologies n’a pas encore été exploré. Mais les développeurs se penchent sur la question afin de déterminer comment utiliser la crypto pour rendre l’IA plus décentralisée et ouverte.
L’amélioration de l’offre signifie aussi la réduction du nombre de projets. Mais c’est quelque chose qui est difficilement envisageable puisque tout porteur de projet peut librement décider de créer sa propre monnaie. C’est d’ailleurs le type de liberté qui est prônée dans la crypto-philosophie. Cependant, l’industrie devra prendre des mesures fortes pour réguler fortement le lancement de nouveaux projets. Ceci pourrait même contribuer à terme à réduire les arnaques à l’investissement dans une industrie connue pour les fraudes.
La mise sur pied d’une réglementation crypto globale
Une réglementation commune sur le traitement à réserver aux crypto-monnaies est probablement le premier obstacle à l’épanouissement de cette industrie. Pour le moment, la crypto n’est pas un moyen de paiement reconnu dans de nombreux pays. En France par exemple, le gouvernement précise qu’on ne peut pas obliger un marchand à accepter des paiements crypto.
Différents pays adoptent différentes attitudes sur la question. El Salvador est le seul pays à avoir officiellement reconnu le Bitcoin comme moyen de paiement légal. La République Centrafricaine a tenté d’introduire le Sango Coin, sa propre crypto-monnaie nationale comme moyen de paiement ayant cours légal. Malheureusement, le pays manque d’infrastructures pour l’implémenter. En effet, en 2021, seuls 11,4 % de la population avait accès à internet.
La crypto est interdite et bannie dans des pays tels que la Chine, en Egypte, au Maroc, en Bolivie, en Algérie, au Bangladesh, au Népal et même en Afghanistan. Pour la plupart de ces pays, l’interdiction est due au manque de sécurité pour les investisseurs. Mais au fur et à mesure que les choses avancent, certains pays peuvent lever leurs interdictions.
Dans un article publié en septembre 2022, le Fonds Monétaire International (FMI) précise que des règles appropriées pourraient aider à créer un espace sûr pour l’innovation. Il reconnaît tout d’abord qu’appliquer les cadres réglementaires existants aux crypto-monnaies ou en créer de nouveaux est délicat. Le premier obstacle réside dans la récolte de données qui sont « fragmentaires » sur le marché des crypto-monnaies. En effet, ces données dépendent d’un trop grand nombre d’acteurs qui n’ont pas toujours intérêt à les fournir.
En outre, la crypto est une industrie à part entière, elle-même constituée de plusieurs segments. Tout d’abord, vous avez les mineurs, ensuite les développeurs de portefeuilles, puis les marchés financiers. Or, de manière traditionnelle, chacun de ces secteurs dépend d’une réglementation différente. En France par exemple, l’Autorité des Marchés Financiers n’a pas autorité sur l’activité des développeurs de portefeuilles crypto ou sur les mineurs. Ceci signifie en somme qu’il faut faire appel à plusieurs types d’autorités afin de réduire le désordre qui règne dans l’industrie des crypto-monnaies. D’ailleurs, le FMI précise que plusieurs autorités de réglementation peuvent être sollicitées : celles chargées des établissements bancaires, des matières premières, des titres et des paiements.
Le Japon et la Suisse font partie des pays où la mise sur pied d’une réglementation est avancée. De manière plus générale, l’Union européenne fait également de gros progrès pour fournir un cadre réglementaire le plus complet possible. Le règlement européen sur les marchés de crypto actifs ou MiCA est justement l’un des plus complets au monde. Il a été officiellement publié le 09 juin 2023 et est entré en vigueur dès le 29 juin de la même année. Cependant, il faudra attendre le 30 décembre 2024 avant qu’il soit applicable. Il permettra notamment de régir :
· La fourniture des services sur crypto actifs par des prestataires ;
· L’offre au public et l’admission aux négociations de jetons ;
· La prévention des abus sur le marché des crypto actifs.
Les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) peuvent bénéficier d’une période transitoire de 18 mois qui s’étend donc jusqu’au 30 juin 2026. À termes, tous les prestataires devront obtenir un agrément MiCA pour continuer à opérer sur le territoire de l’Union européenne.
Le rôle des institutions bancaires traditionnelles dans l’adoption globale des crypto-monnaies
Dans le monde, près de 450 millions de personnes détiennent des crypto actifs. En France, le nombre de détenteurs a progressé de 28 % en un an, passant de 9,4 % à 12 % en 2024. Les seuls pays européens où le pourcentage d’adoption est plus élevé sont Les Pays-Bas (17 %) et le Royaume-Unis (16 %). L’Allemagne est à 12 % et l’Italie complète le top 5 avec 11 %. Cependant, la France est le seul pays de cette liste où l’adoption est en hausse.
23 % des détenteurs français ont exprimé leur désir d’obtenir des crypto-monnaies à travers leurs intermédiaires bancaires traditionnels. Pour le moment, les principaux moyens d’acquisition sont des échanges tels que Binance et Coinbase. Les banques pourraient donc grandement contribuer à l’expansion et l’adoption des crypto-monnaies. Certaines banques telles que BoursoBank, N26 et Revolut travaillent activement dans ce sens.
Les institutions financières traditionnelles pourraient grandement bénéficier de l’efficacité des crypto-monnaies. Tout d’abord, elles peuvent les utiliser pour les transferts de fonds transfrontaliers en quelques minutes plutôt que quelques jours. Ensuite, les coûts du transfert pourraient passer à moins de 1 % du transfert. L’Autorité monétaire de Singapour ou MAS précise que grâce aux registres communs qui permettent de retracer les transactions, le temps de traitement des lettres de crédit est passé de 5 à 10 jours à moins de 24 heures.
La MAS, qui est la banque centrale de Singapour, mais aussi l’autorité de réglementation financière du pays a lancé le projet Guardian. Il a pour objectif d’explorer l’application des crypto-actifs sur les marchés de gros. L’institution a pu s’appuyer sur trois partenaires pour piloter la phase initiale du projet. Pour un début, JP Morgan, DBS Bank et Marketnote se sont chargés de la création d’un pool de liquidités constitué d’une collection d’obligations et de dépôts sous forme de jetons verrouillés dans une série de contrats intelligents. Ce pool permettrait aux utilisateurs d’effectuer des emprunts et prêts de manière fluide, régis par les contrats intelligents.
Le célèbre cabinet PwC Suisse présente les considérations et incertitudes réglementaires comme le premier facteur externe à prendre en compte par une crypto-banque. En effet, la majorité des banques restent encore sceptiques à cause du manque d’encadrement sur les crypto-actifs. PwC mentionne également la volatilité du marché crypto, les considérations de sécurité et les changements rapides comme d’autres facteurs de limitation.
L’amélioration de la sécurité
Faire de la crypto un actif plus sécurisé est un énorme chantier. Celui-ci concerne aussi des acteurs intervenant à plusieurs niveaux. Tout d’abord, les propriétaires d’échanges de crypto-monnaies doivent travailler à sécuriser davantage leurs plateformes. En 2023, plus de 1,7 milliard ont été volés sur les échanges crypto. C’est vrai que ça représente une amélioration, si on fait la comparaison avec les 3,8 milliards qui ont été dérobés en 2022. Quelques-uns des piratages les plus légendaires enregistrés jusqu’à présent incluent :
- Ronin Network : C’est le plus gros piratage enregistré à ce jour. En mars 2022, cette Blockchain sur laquelle repose le très célèbre jeu Axie Infinity a été attaquée par le groupe Lazarus, apparemment soutenu par la Corée du Nord. Ronin Network aurait ainsi perdu 625 millions USD. Il aurait récupéré 5,7 millions un mois plus tard.
- Poly Network : En 2021, un hacker a réussi à lui seul à voler 611 millions USD en exploitant une vulnérabilité. Heureusement, le hacker voulait juste s’amuser. Il a fini par rembourser au moins une partie des fonds volés.
- FTX : cet échange est célèbre pour s’être déclaré en faillite de manière assez spectaculaire en novembre 2022. Son fondateur et PDG de l’époque, Sam Bankman-Fried utilisait l’argent des investisseurs pour s’offrir une vie de luxe. Mais c’est surtout le vol de 600 millions USD le jour de la déclaration de faillite qui nous intéresse. Des employés de FTX sont soupçonnés d’être derrière ce vol.
- Binance : Le plus grand échange du monde en termes de volume de transaction a été piraté en octobre 2022. Les attaquants ont ainsi pu emporter près de 570 millions USD. Les pirates ont exploité une faille dans le pont inter chaîne BSC Token Hub.
- Mt.Gox : la première fois qu’on entend parler d’un piratage crypto, c’était en 2011 lorsque l’échange Mt.Gox a été attaqué et 25 000 bitcoins valant environ 400 000 $ ont été emportés. De manière assez ironique, en 2014, l’échange a de nouveau été attaqué et cette fois, près de 165 000 bitcoins valant approximativement 473 millions ont été emportés.
Voir des plateformes censées être à l’avant-garde de la sécurité crypto se faire pirater n’est pas rassurant pour les investisseurs. Ceci peut contribuer à expliquer la réticence de certaines institutions à se lancer dans la crypto.
D’après le FBI, les fraudes et les arnaques crypto ont coûté 3,9 milliards USD aux investisseurs en 2023. Ce chiffre représente une hausse de 53 % comparé aux chiffres de 2022. Son centre pour les crimes sur internet a enregistré plus de 43 000 plaintes d’américains sur de potentielles tentatives d’arnaques crypto.
La seule forme d’arnaque qui coûte plus cher que l’arnaque crypto c’est l’arnaque à l’investissement. Ce sont là des nouvelles qui ne rendront pas la vie facile aux plateformes d’investissement crypto. Déjà que l’année dernière, La SEC a engagé 46 actions coercitives contre des acteurs du marché des crypto-monnaies, soit une augmentation de 53 % par rapport à 2022. C’est également le plus grand nombre d’actions depuis 2013, selon Cornerstone Research.
Environ 37 % de toutes les actions d’application de la loi prises par la SEC en 2023 étaient liées aux offres initiales de pièces (ICO), contre 47 % en 2022. Tout naturellement, le nombre de ces ICO a baissé au cours des dernières années, permettant tout de même de lever 50 milliards de dollars depuis 2017 selon ICOBench.
Des mesures fortes peuvent être prises maintenant afin d’aider les investisseurs à mieux se protéger contre les arnaques :
- Investir uniquement auprès des prestataires autorisés et détenant un agrément valide.
- Toujours rester prudent en se méfiant des opportunités trop belles pour être vraies.
- Commencer par investir petit, puis augmenter sa position avec le temps, notamment avec des stratégies telles que le DCA.
- Ne jamais investir tout son revenu dans les crypto-monnaies puisque ce sont des actifs très risqués.
- Toujours consulter un expert certifié afin de comprendre les implications fiscales d’un investissement en crypto-monnaies.
- Penser à la sécurité de son portefeuille crypto en gardant jalousement ses clés privées.
En somme, la collaboration dans les différents métiers de l’industrie des crypto-monnaies est essentielle. Il faut que différents acteurs partagent des renseignements et échangent leurs procédures. De la plateforme de minage à la plateforme d’échange, différentes autorités de réglementation doivent intervenir. Avec une meilleure réglementation, les banques pourront plus facilement offrir des services crypto aux utilisateurs.
